L’alcootest désormais dans votre voiture

Grâce à ce dispositif (et moyennant finances) les conducteurs verbalisés pour alcoolémie pourront reprendre le volant sous conditions, au lieu de subir une suspension de permis. Découverte.

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Il faudra "souffler dans le ballon" électronique pour que la voiture démarre.

« Soufflez dans le ballon ! » : cet impératif autrefois donné par les forces de l’ordre, des automobilistes jurassiens vont se l’appliquer à eux-mêmes. Pour éviter une suspension de permis, des automobilistes verbalisés pour un taux d’alcoolémie positif (mais inférieur à 1,8 g/L) peuvent désormais bénéficier d’un aménagement de leur sanction : équiper à leurs frais leur véhicule d’un éthylotest anti-démarrage (EAD). Une solution technologique innovante pour leur permettre de conserver leur emploi, leur vie sociale, et d’assumer leurs obligations (emmener par exemple les enfants à l’école). La perte même provisoire du permis pour cause d’alcoolémie, engendre en effet une cascade d’obstacles ou de privations dont les contrevenants n’ont pas idée…
La préfecture du Jura, représentée par Richard Vignon souhaite donc promouvoir ce dispositif autorisé depuis le 1er janvier 2019, mais « actuellement trop peu utilisé » souligne-t-elle. D’autant plus qu’il est d’une redoutable efficacité : il interdit tout simplement le démarrage d’un véhicule si le taux d’alcool du conducteur est positif.

1.300 € pour l’installation

La société Dräger, qui fabrique ces nouveaux dispositifs a tout prévu : pour éviter que des petits malins fasse souffler un proche, un nouvel test doit être réalisé aléatoirement entre 5 et 30 minutes après le démarrage du moteur. Ce qui évite ainsi qu’un complice prête de sa personne au démarrage…
Dräger précise même qu’il faut pouvoir souffler fort « pour éviter que des enfants –aux capacités pulmonaires réduites-” le fassent. Cette sophistication aura toutefois un prix : 1320 € environ (installation comprise) pour l’achat d’un éthylotest de type Interlock® 7000, et des tarifs dégressifs en location (96 €/mois pour 3 mois, 84 €/mois pour 12 mois, etc.). Sachant que la peine prononcée par le tribunal correctionnel peut aller jusqu’à 5 ans, il faudra faire ses comptes…
Le “Comptoir du frein” à Lons et Dole est pour l’instant la seule enseigne jurassienne agréée pour la pose (qui prend une demi-journée). La préfecture du Jura a indiqué qu’en 2018, 597 automobilistes ont vu leur permis suspendu.