L’aide alimentaire, on en parle encore ?

Les associations caritatives locales (petites structures ou antennes de structures nationales) font face, en cette triste période, aux demandes en augmentation d'aide alimentaire pour les plus démunis. Face à cette nouvelle précarité (retraités, étudiants, jeunes de - de 25 ans, chômeurs partiels ...), les 4 associations du canton CAP Val de Saône s'activent pour venir en aide à tous ces bénéficiaires.

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L'épicerie du P'tit Coup de Pouce.

Le P’tit Coup de Pouce

L’épicerie solidaire le P’tit Coup de Pouce (association loi 1901) est ouverte depuis avril 2010.
Est-ce une épicerie ordinaire ? :
Non, l’épicerie solidaire n’est pas une supérette, même si elle y ressemble, mais bien un outil pédagogique qui permet d’éviter l’assistanat ou le recours à l’endettement. Elle comprend une surface de vente, mais également un espace convivial où sont organisés des ateliers très variés intéressant les bénéficiaires (ateliers cuisine, ateliers culturels ou ludiques en fonction des demandes).
Comment çà marche ? :
Les produits de nécessité ou d’hygiène, sont vendus 10 fois moins chers que dans une épicerie ordinaire, ce qui permet aux bénéficiaires de faire des économies qui les aideront à payer un achat nécessaire au bon fonctionnement du foyer ou encore de rembourser une dette.
Comment accéder à l’épicerie ? :
Il faut habiter Auxonne.
Après étude de la situation et à condition de s’être engagé par contrat auprès des travailleurs sociaux. Ce contrat engage le bénéficiaire sur l’utilisation des économies réalisées grâce aux achats faits au P’tit Coup de Pouce.
Les bénéficiaires sont soutenus par leurs travailleurs sociaux pour le respect du contrat.
Si le contrat n’est pas respecté, l’accès à l’épicerie n’est plus autorisé.
La durée d’accès est limité dans le temps . Elle dépend du projet de la personne et de ses revenus (généralement, elle se situe entre 1 et 3 mois renouvelables).
La gestion du fonctionnement matériel et financier est assurée par l’association. Les ressources du P’tit Coup de Pouce sont les adhésions, les produits des ventes et les subventions.
En plus des subventions de la Commune et du Conseil départemental, l’épicerie organise un loto et un vide grenier pour ses rentrées d’argent. Cela permet de payer les factures (gaz, ramassage des ordures ménagères, factures diverses…) mais surtout d’acheter des produits d’hygiène.
La gestion de l’aspect social est assurée par les travailleurs sociaux locaux et centralisée au C.C.A.S.
Il s’agit un partenariat intelligent où chacun intervient dans son domaine de compétence.
Comment l’épicerie fonctionne, et d’où viennent les produits ?
Le P’tit Coup de Pouce occupe un local rue Thiers mis gracieusement à disposition  par la commune.
Les produits secs proviennent de la Banque Alimentaire de Bourgogne. Les produits frais  sont donnés par le magasin ATAC de Pontailler sur Saône tous les jeudis, jour d’ouverture de l’épicerie, et par l’épicerie Fabienne Moreau à Auxonne.
Une collecte nationale de la B.A.B (dernier week- end de novembre), à laquelle participe le P’tit Coup de Pouce, vient compléter le stock.
L’association est gérée par un bureau de bénévoles:
Valérie Engelhard, Présidente.
Marie-Christine Lolliot, Vice Présidente.
Christelle Champion, Trésorière.
Bernadette Augustin, Secrétaire.
Patrick Manoualline, Gestionnaire de stock.

Les Restos du Coeur

Implantés depuis un quart de siècle à Auxonne, les restos ont signé une convention de mise à disposition d’un bâtiment communal, situé rue Gué Briant, avec la Mairie. Les travaux de mise en conformité (accessibilité Personne à Mobilité Réduite) ont été effectués en partie par les Restos, en partie par les Services techniques de la ville.
L’antenne d’Auxonne dépend des Restos de Dijon (pour info, le siège des Restos du Coeur est à Paris).
12 bénévoles, dont la responsable , distribuent tous les 15 jours en période d’été (mi- avril à mi-juin) et toutes les semaines en période d’hiver (de fin octobre à mi-mars), les denrées de première nécessité.
75 familles du canton Cap Val de Saône sont accueillies en période d’été et 130 en période d’hiver.
Ce chiffre risque d’augmenter cette année avec « l’effet COVID » précise Marlyse Remund, la responsable Auxonnaise.
Comment cela fonctionne ? :
Les dossiers sont faits par les Restos à partir d’un logiciel, sur présentation des papiers demandés (avis d’imposition …).
Le ravitaillement s’effectue au dépôt Restos à Dijon, qui s’approvisionne à la Banque Alimentaire de Bourgogne (il y a aussi des dons et des fonds européens).
Le jour d’ouverture est le mercredi de 10h à 12h et de 14h à 17h.
Pour des raisons de sécurité médicale liées au COVID, les inscriptions se font uniquement sur rendez-vous au 03.80.66.16.82 (laisser un message).
Le port du masque est obligatoire.
Au delà de l’aide alimentaire, les Restos ont d’autres cordes à leur arc :
– vestiaire (sur rendez-vous uniquement)
– soutien scolaire
– aide administrative
– accès au micro crédit
– aide juridique
– accès au logement …
Pour l’accès au micro crédit, à l’aide juridique et l’accès au logement, les papiers nécessaires à ces demandes sont envoyés aux Restos de Dijon, où les dossiers sont traités par un ancien avocat, un ancien banquier et une ancienne assistante sociale (tous bénévoles).

L’entraide cantonale de Pontailler sur Saône

L’association loi 1901 existe depuis 27 ans. Elle est dirigée par Madame Cornot qui en est la Présidente et où 21 bénévoles donnent de leur temps au minimum 3 demi-journées par semaine.
Un local est gracieusement mis à leur disposition par la Communauté de Commune CAP Val de Saône, mais, comme le souligne la Présidente, l’association paye les factures (eau, chauffage etc.).
Le public concerné dépend du canton de Pontailler sur Saône (19 communes), et 30 familles viennent chercher l’aide alimentaire dont elles ont besoin, tous les vendredis après midi. Ces familles sont dirigées vers l’entraide cantonale par les travailleurs sociaux du Conseil Départemental ( antennes d’Auxonne et de Genlis).
Les produits proviennent de la Banque Alimentaire de Bourgogne et des dons du magasin ATAC de Pontailler.
L’association fonctionnent avec les ventes de son vestiaire (ouvert à tous le mardi matin ainsi que le vendredi et samedi après midi et où vous pouvez y déposer les vêtements dont vous ne voulez plus), ainsi que des subventions des mairies du Canton.
Au delà de la distribution de colis alimentaires, l’association met en place des ateliers cuisine (à l’occasion), va à la rencontre des personnes isolées suivies par les travailleurs sociaux, et accueillent des jeunes pour l’aide au permis.
L’entraide a acheté un petit véhicule qui lui permet de faire des livraisons à domicile pour des personnes isolées ne pouvant pas se déplacer.

Le secours catholique

Association loi 1901, le secours catholique emmené par sa présidente Madame Sur, est implanté à Auxonne depuis plus d’un demi-siècle.
L’association recherche un local depuis plus d’un an (l’ancien était situé au premier étage de la salle de l’Aiglon, mais il n’est plus sécuritaire, pas de chauffage, pas de toilettes, pas d’accessibilité PMR). Si quelqu’un pouvait leur mettre un endroit à disposition (minimum 70 m2 avec éventuellement un tout petit loyer) …
L’aide alimentaire se fait par bons d’achat (maxi 50 €) à échanger uniquement à Intermarché et Netto (toute denrée sauf l’alcool). Les dossiers des bénéficiaires sont centralisés au Conseil Départemental et au CCAS d’Auxonne, qui transmettent la demande d’aide (alimentaire, énergétique …). C’est le secours catholique qui règle les achats sur facture directement aux magasins.
L’association touche une subvention de la commune d’Auxonne (1500€), sinon elle ne fonctionne qu’avec des dons.
6 bénévoles sont présents régulièrement pour tenir le vestiaire et s’occuper de toutes les aides à l’insertion. Une permanence se tient tous les jeudis de 14h à 16 aux Halles.

Toutes ces associations n’avaient au départ qu’un but : fermer définitivement après avoir éradiqué la précarité. La réalité est tout autre et elles ont, malheureusement, de belles années devant elles !