L’agglomération de Lons va-t-elle manquer d’eau ?

La période exceptionnellement sèche que nous vivons a des répercussions en terme d’alimentation en eau potable. Cette crise touche de nombreux territoires, mais l’agglomération lédonienne se trouve en alerte maximale et la perspective quant aux réserves d’eau est plus préoccupante que les autres années.

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La station de Villevieux.

La ressource de La Vallière déjà stoppée, celle de Trenal ne dessert plus que cinq communes !
La gestion de l’eau potable, désormais gérée par ECLA Lons Agglomération prend en charge 16 communes dont Lons le Saunier. L’approvisionnement est assuré par cinq ressources dont la principale se situe à Villevieux, cette nappe est de loin la plus importante puisqu’elle assure 64% de l’alimentation.
Comme l’explique Bertrand Weigele, directeur des services techniques : “La source de la Vallière est désormais fermée depuis avril alors que cette fermeture n’intervenait qu’en mai ou même juin. Celle de Trenal qui assure l’approvisionnement de 11 communes est au fur et à mesure déconnectée pour n’en alimenter que 6”.

Un des 6 puits de Villevieux

Tout repose désormais sur la nappe de Villevieux

Du fait de l’arrêt des sources de la Vallière et des déconnections de Trenal, la nappe de Villevieux est de plus en plus sollicitée et voit son niveau baisser de 50cm depuis 20 ans. C’est l’effet boule de neige, car cette nappe est également exploitée par d’autres syndicats comme Bletterans. Cela ne met pas en cause la capacité de la nappe mais modifie las capacités locales de captage. Sur Villevieux, il y a six puits qui fonctionnent deux par deux par un système de siphons qui alimentent le réservoir de Pymont.

Stéphane Demaimay, responsable production eau.

Un risque de décrochement au niveau de la nappe n’est pas à exclure

Depuis plusieurs années, grâce à des campagnes de sensibilisation, la consommation est globalement en légère baisse. Des efforts ont également été faits pour éliminer les pertes sur l’ensemble du réseau dont les rendements ont été amélioré de 8% en 5 ans, de 72 à 80%, tout en sachant qu’on ne peut dépasser 90%.
Malgré tout, les conditions climatiques font que l’agglomération comme le département sont placés en niveau de crise où l’usage de l’eau doit être encore restreint. D’après Bertrand Weigele, on ne connait pas le point de rupture, mais on se met en position d’alerte afin de prendre les dispositions si ce point de rupture était atteint. Il y a une action sur le scénario au cas où cette rupture survenait.

Station de traitement de l’eau.

La capacité totale de la nappe de Villevieux n’est pas en cause

En cas de décrochage, des solutions à court terme peuvent être envisagées, comme l’approvisionnement par camions citernes ou l’interconnection des réseaux. Mais l’important est d’envisager et trouver des solutions à moyen terme. La capacité totale de la nappe de Villevieux n’est pas en cause, elle a encore une grosse capacité, mais le système qui avait été conçu pour un niveau de production globale qui était celui de l’époque ne correspond plus, donc Il faut aller plus profond. Les nappes sont suffisantes pour alimenter en eau le territoire mais les champs captant ne le sont plus…
Il faut soit modifier l’hydrolique à partir des puits existants soit trouver de nouveau champ captant à proximité. Ces solutions pourraient être mises en œuvre au mieux pour 2021 ou 2022.

L’alignement des 6 puits, station de Villevieux.

Une politique de prix différente

Un effort de communication doit être fait pour expliquer les limites du système. Une réflexion est lancée sur des mesures incitatives ou d’aides pour que les gens puissent modifier leurs installations individuelles pour pouvoir par exemple récupérer les eaux de pluie pour l’arrosage ou autres usages. Il y a également une réflexion pour articuler le prix de l’eau qui ne peut pas augmenter de manière importante. Une démarche est aussi envisagée sur un prix différent sur les premiers m3 avec un prix relativement bas et des prix progressifs avec effet de seuil. A suivre…

Quelques chiffres

Capacité des 5 sources d’approvisionnement :
-Villevieux : 1,700 000 m3 /an
-Trenal : 600 000 m3/an
-La Vallière : 300 000 m3/an
-Montaigu : 30 000  m3/an
-Moiron : 10 000 m3/an