L’abattoir d’Equevillon face aux « végans »

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"Le respect de la protection animale est attesté par la présence permanente d'un agent de l'Etat" souligne Rémi Hugon (photo d'archive).

Après les images tournées par l’association L214, l’abattoir doit faire face à l’appel lancé par 500 personnalités pour un lundi sans viande ni poisson.

Stéphane Bern, Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Juliette Binoche… 500 personnalités de tous bords encouragent à pratiquer tout au long de l’année 2019 un « lundi vert » sans viande ni poisson, dans le cadre d’une campagne visant à changer le comportement alimentaire de tous les Français. Une démarche qui fait écho à la vidéo réalisée par l’association militante L 214  dans l’abattoir d’Équevillon, un abattoir dépeint comme « le plus gros abattoir de chevaux de France ».

La vidéo « profondément choquante » selon L 214 comptabilise près de 30.000 vues mais -toujours selon elle- « montre pourtant des pratiques globalement conformes à la réglementation, avec des cadences d’abattage modérées ». Selon les militants, environ 13.000 chevaux ont été abattus en 2016 : plus de la moitié d’entre eux sont des chevaux de course réformés (jeunes chevaux non sélectionnés, chevaux blessés ou chevaux en fin de carrière).

« La mort n’est pas un spectacle »

Le gérant de la société d’exploitation, Viande Nature Jura, Rémi Hugon, a réagi à propos de leur « choix d’images chocs » : « Ces images, extraites de séquences filmées sur cinq matinées d’abattage (entre les mois d’août et novembre 2018 N.D.L.R.), regroupées et concentrées pour donner des vidéos de quelques minutes, ne révèlent aucun dysfonctionnement ni aucune pratique non conforme à la réglementation. La conformité du fonctionnement de la file d’abattage, notamment le respect de la protection animale, sont attestés par la présence permanente d’un agent de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP) ». Remi Hugon ajoute : «  La mort n’est pas un spectacle, il nous est très difficile de communiquer positivement sur ce qui passe derrière les murs d’un abattoir. Mais le respect de l’animal est primordial de son entrée en bouverie jusqu’à sa mise à mort. Pour cela, sous l’autorité de la directrice Marina Muller, deux référents protection animale que sont Joëlle Raichon, responsable qualité et Anthony Gras, chef de file, veillent au bon fonctionnement des opérations dans le respect du bien être animal. De plus, les personnes amenées à côtoyer d’une façon permanente ou occasionnelle des animaux vivants sont titulaires d’un certificat de protection animale, accordé ou non à l’issue d’une formation par un organisme agréé indépendant. J’ajouterai à cette partie réglementaire obligatoire, une éthique particulière liée à Viande Nature Jura et partagée par l’ensemble des salariés. De part notre taille modeste, 1 500 tonnes/an, nous ne sommes pas contraints à des cadences industrielles ».

Rémi Hugon conclut en assurant «  de mon total soutien l’ensemble des salariés de Viande Nature Jura ». L 214 demande pour sa part de réduire d’au moins 25 % d’ici 2025 le nombre d’animaux tués dans les abattoirs français.

Stephane Hovaere