La voiture électrifiée prend son envol

Les ventes de voitures électriques, hybrides ou encore hybrides rechargeables ne cessent de croitre. Pourquoi un tel engouement ? Et ces voitures sont-elles vraiment plus « vertes » ? Le point avec des professionnels du secteur.

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Avec sa Zoé, Renault a misé depuis longtemps sur une voiture 100% électrique.

Elle monte, elle monte : au fil des mois, la voiture électrifiée (mot générique englobant les voitures hybrides et électriques) affirme son essor avec un doublement régulier des ventes (même si sa part de marché reste inférieure à 10%, il faut le souligner).
Selon Vincent Defeuille, PDG du groupe homonyme qui commercialise de nombreuses marques ( Renault, Dacia, Fiat, Volkswagen, Audi, Alfa Roméo, Seat, etc.), la voiture électrifiée comprend quatre catégories de véhicule : la micro-hybride (dotée d’une petite batterie assistant le moteur thermique et récupérant l’énergie au freinage), l’hybride non rechargeable (la plus connue, avec une bi-motorisation thermique et électrique), la nouvelle hybride « plug-in » (disposant d’une batterie plus importante et rechargeable sur secteur, lui permettant d’accomplir environ 50 km en tout électrique), et la 100% électrique.
Alain Joliet, directeur général adjoint du groupe JMJ automobiles (qui commercialise Citroën, DS, Nissan, Peugeot et Volvo) pense que cette diversité préfigure un marché automobile de demain « composé d’un mix entre voitures thermique, électrique, hybride et à hydrogène ».
Mais le diesel n’a pas dit son dernier mot selon Vincent Defeuille : « Il restera d’actualité pour les gros rouleurs », car les véhicules hybrides ne sont pas conçus pour ne faire que de longs trajets sur autoroute : autonomie limitée (les accus se rechargeant sur les décélérations), poids des batteries qui fait monter la consommation à plus de 8 litres/100 km en utilisation thermique, etc.
En revanche, l’hybride semble être un bon compromis pour les trajets domicile-travail et pour des trajets ponctuels plus longs : grâce à l’assistance électrique, il permet de faire chuter la consommation à moins de 4 litres/100 km pour les petits modèles.

Un surcoût largement compensé par des primes

La palme de l’économie revient sans conteste au 100% électrique avec « un plein pour quelques euros » selon Vincent Defeuille mais son usage doit être bien défini : parfait pour des trajets domicile/ travail ou pour une utilisation plutôt urbaine.
Pour les entreprises, il constitue aussi la solution parfaite, les batteries pouvant être amorties « à part ».
En dehors de ces jalons, Vincent Defeuille reconnait sans ambages un manque de bornes de recharge : « On est nuls dans le Jura ! ». Hormis quelques bornes ici ou là (pas toujours fonctionnelles), difficile de prévoir un long parcours.
Selon Alain Joliet, le réseau se développe cependant petit à petit et des bornes haute puissance (50 à 100 KW) permettent de recharger jusqu’à 80% en 1 h environ.
Au final, Alain Joliet comme Vincent Defeuille soulignent les avantages du 100% électrique : plaisir de conduite, entretien minime (pas de chaîne de distribution, pas de boite de vitesse, pas de vidange, etc.).
Quant à l’achat il faut compter par rapport à une voiture thermique, 2500 à 3000 € de plus pour acquérir une hybride, et 5000 à 6000 € de plus pour une hybride rechargeable. Un surcoût amoindri par les primes de l’Etat, les opérations commerciales et le système de location longue durée (par exemple 3 ans).

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere.

Chez Citroen, on innove aussi avec la nouvelle E-C4 100% électrique.

Une voiture vraiment « verte » ?

Pour l’heure, environ 70% de l’électricité produite en France étant nucléaire, la voiture (comme le vélo d’ailleurs) électrique constitue de fait un véhicule électro-nucléaire fait remarquer Jacques Cattin, administrateur de Jura Nature Environnement.
Pour Christophe Nouzé, directeur d’Ajena, la situation devrait évoluer d’ici une dizaine d’années grâce au boom des énergies renouvelables, dont le prix sera devenu compétitif avec celui d’un nucléaire en fin de vie.

Renault propose déjà une large gamme de véhicules électrifiés, en attendant 2025 et une généralisation de l’électrique.