Pêche : un des plus grands ‘no kill’ du Jura sur la Seille

La Gaule lédonienne a procédé à des pêches de sauvetage sur la Seille à sec. Des opérations de la dernière chance qui appellent pour 2021 des décisions courageuses, comme un « no-kill » intégral…

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La Seille n’est plus : avec une fin d’été digne d’un mois de juillet, la rivière jadis riche en salmonidés n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et ce ne sont pas les pluies d’automne qui y ont changé grand-chose… « La rivière avait tari en aval du pont de Bréry. Il restait juste quelques poches d’eau où s’étaient réfugiées les truites, c’est pourquoi nous avons décidé d’une pêche électrique de sauvetage » a expliqué mi-septembre le président de l’association, Thierry Buatois.
Une opération de la dernière chance -menée également sur Domblans- qui a permis de capturer 70 truites de plus de 15 centimètres (jusqu’à 50 centimètres) et 30 truitelles, pour les relâcher ensuite sur la haute Seille (amont de Nevy). Mais aussi louable soit-il, ce sauvetage ne règle rien : « C’est la catastrophe depuis 3 ans de suite » constate Thierry Buatois. Une catastrophe climatique qui appelle une réflexion stratégique : faut-il en arriver à fermer la pêche à la truite durant une année ?

Une compensation pour les pêcheurs

Thierry Buatois, en accord avec son conseil d’administration, a opté pour une autre solution : un « quota zéro » de prélèvement sur la truite fario (autochtone) pour l’année 2021 sur la totalité de ses lots sur la Seille, c’est-à-dire un « no-kill » intégral (remise du poisson à l’eau) sur 15,25 km. Le plus grand du Jura selon la Gaule lédonienne. Et une décision inédite et courageuse pour éviter que la pêche sur cette belle rivière ne « devienne un souvenir à brève échéance ».
« Sans action de notre part, c’est la rivière qui disparaîtra !» souligne t-il. En compensation, la Gaule lédonienne pourrait déverser davantage de truites d’élevage (arc en ciel) pour permettre à ceux qui le souhaitent de rentrer avec 5 truites à la maison. L’autre bouée de sauvetage de la Gaule lédonienne, ce sont ses plans d’eau :
« Nous avons vendu 100 cartes journalières de plus que l’an dernier sur l’Etang comtois » a dénombré le président, ce qui prouve que les pêcheurs évoluent dans leur pratique. Evolueront-ils sur d’autres plans ? Un quota annuel de prises sera-t-il instauré sur les rivières à truite, à l’instar de ce que les chasseurs ont réussi à mettre en place avec le gibier ? Des actes forts à assumer avant qu’il ne soit trop tard…