La reprise se confirme en Bourgogne-Franche-Comté

Selon la dernière étude conjoncturelle de la Banque de France, plusieurs voyants sont au vert. Analyse.

0
213

La croissance est-elle de retour ? La Banque de France a sondé le cœur de 8 500 dirigeants de la grande région pour connaitre leur sentiment sur le niveau d’activité de leurs entreprises (en pourcentage du niveau jugé « normal »). De manière globale, la production industrielle est en léger retrait en mai (moins 10 points sous la normale), pénalisée par des difficultés d’approvisionnement notamment dans l’industrie automobile (lire encadré). Mais en juin, une légère progression globale était anticipée : les carnets de commandes sont consistants, tandis que l’augmentation des prix des matières premières se poursuit. Les prévisions font état d’une légère augmentation de l’activité à court terme mais les fabrications de matériels de transport et d’équipements électriques, électroniques et autres machines demeurent les segments les plus en retrait par rapport à leur niveau normal. Chez eux, la production accuse un recul, principalement sous l’effet de difficultés d’approvisionnement en composants électroniques. Les commandes, toujours dynamiques, restent par conséquent plus durablement en carnets ; ceux-ci deviennent encore plus consistants. Les stocks sont sollicités et demeurent étroits. La hausse des prix des matières premières se poursuit. L’activité devrait retrouver une légère progression.

Les services marchands tirés par  l’hôtellerie restauration

Comme attendu, la reprise de l’activité est globalement soutenue. A l’exception des activités informatiques, tous les secteurs progressent, notamment la restauration et l’hébergement. Les prix des prestations s’inscrivent globalement en hausse modérée. Les activités d’hébergement et de restauration devraient conserver leur dynamique de croissance et tirer la tendance globale du secteur. La plupart des autres segments anticipaient un ralentissement de leur activité (niveaux d’activité entre 5 et 7 points en dessous de leur niveau normal pour mai) avant des jours meilleurs..

Stéphane Hovaere.

Les freins à une dynamique plus forte

Sur la question des approvisionnements, près de la moitié des entreprises de l’industrie et du bâtiment interrogées par la Banque de France indiquent des difficultés d’approvisionnement et celles-ci tendent à s’intensifier. Selon la CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) : « C’est d’abord l’acier qui a été concerné, rapidement suivi par le bois de structure, puis les adjuvants mortiers et bétons, le polyuréthane, les composants électroniques, les colles, les peintures, le cuivre… ». D’après une enquête de la Confédération des PME (CPME) de mai 2021 auprès de 2060 dirigeants, 28% des entreprises rencontrent des difficultés d’approvisionnement, tandis que 59% d’entre elles sont impactées par la hausse du prix des matières premières. Certaines évoquent aussi des difficultés de recrutement. Pour autant, à ce stade, cela n’empêche pas leurs propres perspectives d’activité de s’améliorer…sauf dans l’hôtellerie restauration. Selon une étude de Pôle emploi publiée en mai dernier, en Bourgogne Franche-Comté : « les difficultés de recrutement anticipées par les employeurs de ces secteurs concernent 54.4 % des projets d’embauche en 2021. Au total, 6870 projets d’embauches sont proposés et 54.7 % sont des emplois saisonniers ». Dans les emplois non saisonniers, les métiers les plus en manque restent : charpentiers, couvreurs, géomètres, tuyauteurs, vétérinaires, médecins, régleurs, aides à domiciles et aides ménagères, carrossiers automobiles, mécaniciens et électroniciens de véhicules, etc.