La procrastination décryptée

65 % des Français luttent contre la procrastination Qui ne s'est jamais dit : “ça peut attendre” ou encore “demain je m'y mets” ? A l'occasion de la journée mondiale de la procrastination, JeChange et Odoxa ont mené une étude à l'échelle nationale sur ce défaut des temps modernes.

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Avec les beaux jours, la tendance au laisser-aller peut facilement prendre une ampleur démesurée… et forcément préjudiciable. Explication d’un phénomène de société, en pleine expansion.

A l’occasion de la journée mondiale de la procrastination,  JeChange et Odoxa ont mené une étude à l’échelle nationale sur ce défaut des temps modernes.
Ce sondage révèle que la procrastination est un défaut largement répandu … dont les Français aimeraient se défaire.
85 % des Français, et 92 % des 18-24 ans, reconnaissent procrastiner !
Un fléau largement reconnu et dont près de deux tiers des sondés souhaitent se défaire, conscients de l’impact de cette tendance sur leur vie quotidienne.
Parmi les principaux effets négatifs évoqués : procrastiner leur ferait perdre de l’argent (40 %), générerait du stress (54 %), ou encore, des disputes au sein du foyer, notamment chez les jeunes de 25-34 ans (58 %).

43 % des Français traînent pour changer de fournisseurs et 36 % reportent leurs décisions en matière de choix de vie comme déménager ou changer de travail…

Les premières activités à en pâtir sont les activités physiques et sportives.
60 % des personnes interrogées reconnaissent qu’il leur arrive de remettre leur footing ou leur séance de fitness à plus tard. Juste derrière, un Français sur deux (51 %) indique qu’il peine à s’atteler aux tâches ménagères ou à l’entretien de son logement.
Plus inquiétant pour la santé publique, 46 % des Français procrastinent pour prendre un rendez-vous médical !
Par ailleurs, 43 % des Français traînent pour changer de fournisseurs et 36 % reportent leurs décisions en matière de choix de vie comme déménager ou changer de travail…
Les Français sont en revanche plus consciencieux dans leurs tâches administratives et au travail. 33 % d’entre eux déclarent prendre leur temps pour payer leurs impôts ou une amende et seulement 24 % des Français procrastinent au travail.
Cela dit, en 2018, ils étaient 49 % à avouer “procrastiner au moins 1h par jour au travail”.

Un renoncement trop facile

Conscients de leur défaut, 65 % des Français essaient de lutter contre cette fâcheuse habitude au regard de son impact au quotidien.
22 % y parviennent mais, à l’inverse, 43 % des Français expriment que cela est difficile pour eux. Les femmes (69 %) et les plus jeunes (78 %) sont ceux qui souhaitent le plus arrêter de tout remettre au lendemain.
Sans pour autant y parvenir réellement…

L’avis de Gaël Duval, créateur de JeChange.fr

Gaël Duval.

 

Alors que l’on sait parfaitement qu’elle est nuisible et toxique, pourquoi la procrastination est-elle si largement répandue ?
Face à l’exigence de l’immédiateté qui peut se révéler oppressante, on se dit “C’est bon, je vais le faire un peu plus tard”, puis on oublie…
L’hyper-connectivité est devenue la principale source de procrastination. On est connecté à tout, partout et tout le temps. Notamment via les réseaux sociaux.
Aujourd’hui avec son smartphone il est devenu très facile de perdre des heures entières à ne rien faire. Ce qui augmente cette sensation de culpabilité de l’immobilisme mais paradoxalement, enferme cet aspect toxique dans un usage répété.

Quelles en sont les conséquences ?
Si les Français sont si nombreux à essayer de lutter contre leur procrastination, c’est parce qu’ils en perçoivent les effets négatifs sur leur vie quotidienne.
En premier lieu, 55% d’entre eux estiment que cela les empêche d’être réguliers dans leur pratique sportive. Pour 54%, cela leur fait perdre du temps et provoque chez eux le sentiment d’être en permanence débordés (54%) et stressés (51%).
Pour 45% des Français, procrastiner les empêche d’être à jour en matière de santé. Ils sont même 40% à reconnaitre que cela leur fait perdre de l’argent !
La procrastination peut aussi avoir des effets négatifs sur la bonne entente au sein des foyers. 31% des Français déclarent qu’elle suscite des frustrations ou des disputes dans leur famille. Ce sentiment est plus important chez les femmes (35%) et les jeunes (47% des 18-24 ans et 58% des 25-34 ans).
Qu’on se le dise, laisser un peu de vaisselle ou une chambre mal rangée peut avoir des effets bien plus négatifs qu’on ne le croit !

43 % des Français traînent pour changer de fournisseurs et 36 % reportent leurs décisions en matière de choix de vie comme déménager ou changer de travail ou de partenaire. Pourquoi une telle inertie ? Qu’est-ce qui nous empêche autant de changer pour vivre une vie qui nous ressemble plus et mieux ?
Le courage de quitter sa zone de confort. La peur du changement. L’appréhension du “saut dans le vide”.
Un président de la République l’a déclaré publiquement : “Les gens ne prennent pas les bonnes décisions et s’en remettent aux autres…”
Il appartient à la nature humaine, de traiter les choses les plus dérangeantes, plus tard : factures, compte en banque, impôts, administratif.
Alors on reporte, pour plein de raisons. Souvent mauvaises…
Certains politiques atteints de “phobie administrative” n’ont d’ailleurs pas hésité à le démontrer !
Il apparait aujourd’hui une forme de décomplexion de la procrastination, largement encouragée par l’usage des réseaux sociaux : on se plaint, on s’insurge, mais on ne bouge pas.
En tant que phobique administratif, c’est aussi pour cela que j’ai créé JeChange. Je rêvais d’un service qui se charge pour moi de mes tâches administratives, tout en me permettant de faire des économies sur mes contrats.

Finalement, quelle est la solution ?
Lorsqu’ils font les choses rapidement et efficacement, plutôt que de les remettre au lendemain, les Français affirment que cela les rend bien meilleurs, à tous points de vue.
Dans une société où le stress est de plus en plus présent, arrêter de procrastiner rend plus serein, de l’aveu de 73% des Français.
Cela leur permet aussi d’être plus motivés (70%) et productifs (68%), choses importantes dans un monde de plus en plus concurrentiel entre individus.
Dans leur vie sociale, l’arrêt de la procrastination est aussi positif pour les Français. Ils se définissent comme plus disponibles (69%) et agréables avec les autres (58%).
Au final, arrêter de procrastiner est un véritable cercle vertueux qui touche à toutes les dimensions du quotidien et qui rend les Français plus heureux (64%).

Enquête réalisée par Odoxa pour JeChange auprès d’un échantillon de Français interrogés en ligne les 13 et 14 février 2019. Échantillon de 1 000 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.