La natalité toujours en berne, mais…

Face à une crise sanitaire à l'avenir incertain, bon nombre de couples ont vraisemblablement annulé ou reporté leur projet de parentalité.

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En Bourgogne-Franche-Comté, on dénombre 12 069 naissances domiciliées au cours du
1er semestre 2021, soit 535 naissances de moins qu’à la même époque en 2020. Ce qui représente une baisse de 4,2 %.
Ce fléchissement des naissances est un peu plus marqué qu’en moyenne en France, – 3,7 %. Il faut dire que notre région fut l’une des plus fortement touchées par la première vague de Covid-19 avec l’Île-de- France, le Grand Est et les Hauts-de-France.

En janvier et février 2021, des naissances beaucoup moins nombreuses qu’habituellement

Le déficit de naissances est important au tout début de l’année 2021.
Celles survenues en janvier et février en Bourgogne-Franche-Comté sont en retrait de, respectivement, 17 et 12 % par rapport à 2020. Elles correspondent aux conceptions d’avril et mai 2020 qui ont été bien moins nombreuses qu’habituellement puisqu’il s’agissait de la période du premier confinement (strict) de la pandémie de la Covid-19.
Face à une crise sanitaire à l’avenir incertain, des couples ont probablement annulé voire reporté leur projet de parentalité. Parallèlement, la confiance des ménages français envers la situation économique s’est alors fortement repliée.

Reprise des naissances en mars et avril 2021

En Bourgogne-Franche-Comté, les mois de mars et avril 2021 se sont caractérisés par une reprise des naissances, et probablement donc, par une concrétisation des grossesses qui avaient été reportées.
Les naissances ont augmenté en mars de 2,1 % par rapport à 2020. Celles d’avril bondissent de 6,3 %. Les conceptions ont donc été nombreuses, neuf mois plus tôt, en juin et juillet 2020, pendant la période de déconfinement progressif et la fin de la première vague de l’épidémie de la Covid-19.

Confiance en l’avenir ?

Toujours en étroite corrélation, ce retour à une vie plus normale à l’été 2020 est également perceptible au niveau économique : les Bourguignons-Francs-Comtois consomment davantage, concrétisent notamment des achats qu’ils avaient reportés avec le premier confinement. Le montant des transactions en carte bancaire (achats internet exclus) qui étaient, au début d’avril 2020, 60 % en dessous de son niveau de 2019 est, en juillet 2020, 10 % au-dessus. Elles sont également portées par l’essor du « sans contact », qui permet de régler des achats tout en limitant le risque d’une transmission virale.
Néanmoins, la
confiance des ménages français en l’avenir économique se redresse finalement peu.
À la fin de l’été 2020, la situation sanitaire se dégrade à nouveau. Neuf mois plus tard, en
Bourgogne-Franche-Comté, les mois de mai et juin 2021 comptent, respectivement 1,9 % et 3,0 % de naissances de moins que l’année précédente.
La suite, on la connait…

 

Méthode, source et définition :
Les statistiques annuelles concernant les naissances sont dressées à partir des bulletins statistiques de l’état civil, établis par les maires, au moment et dans la commune où elles ont lieu. Les naissances domiciliées sont recensées au lieu du domicile de la mère.

 

Pour tordre le cou aux idées reçues…

La natalité est un excellent baromètre sociétal. Un indicateur particulièrement révélateur de l’état d’esprit d’une population d’un pays ou d’un territoire.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le confinement strict s’étant étendu de la mi-mars 2020 à la mi-mai 2020 n’a pas été vecteur de rapprochement entre les couples. Encore moins de conception. Justement, cette période a été particulièrement stressante, usante et déstabilisante, entrainant avec elle bon nombre de bouleversements, d’incertitudes et d’inquiétudes qu’ils soient d’ordre professionnel ou plus personnel, dont certains persistent encore aujourd’hui.
Les chiffres nationaux en attestent avec seulement 740 000 bébés nés en 2020, soit 13 000 naissances de moins qu’en 2019. Le niveau le plus bas enregistré depuis 1945…
Il en a été de même pour le deuxième confinement de quatre semaines fin octobre, dont nous mesurons clairement les effets (néfastes) à l’aube de cette rentrée.
Selon les experts de la question, ce déclin naturel de la natalité s’expliquerait notamment par des grossesses désormais plus tardives mais aussi et surtout par la crise économique et sanitaire qui impacte sensiblement le moral des français et donc… leur désir de procréer.
Cela dit, comme à chaque sortie de crise, un rattrapage devrait s’observer via une reprise significative qui devrait s’opérer dès lors que la vie reprendra son cours normal.
La question reste de savoir quand…