La nouvelle donne de l’immobilier

Télétravail, envie de verdure et d'espace, les confinements et autres restrictions ont rebattu les cartes. Éclairage.

0
83
maison

Jamais les Bourguignons et les Franc-comtois n’auront passé autant de temps chez eux. Depuis le début de la pandémie, il y a plus d’un an et demi, le ‘home sweet home’ est devenu l’alpha et l’oméga de chacun ou presque. Jamais il n’a été aussi important d’être bien chez soi, et le marché de l’immobilier en est témoin. Avec 1,130 million de transactions réalisées au 1e semestre selon les notaires de France, le marché a battu ses records, et s’est lui-même adapté aux contraintes du distantiel : recherches immobilières, première visite virtuelle, jusqu’à la signature électronique de l’acte de vente, tout cela sans contact humain. Merveilleux progrès.

Au coeur des attentes, des critères consensuels : qualité de vie, espace, verdure, jardin, terrasse et accès aux nouvelles technologies. Le télétravail a en effet ouvert un peu le champ des possibles en permettant à certains de pouvoir exercer depuis leur domicile, d’où l’intérêt d’être relié au reste du monde par différents vecteurs performants.

Les maisons avec piscine ont d’ailleurs été prises d’assaut durant les vacances d’été, une tendance saisonnière qui illustre bien la présente vague de fond. 

Selon le dernier baromètre IFOP sur l’attractivité des villes moyennes, 33% des habitants des grandes villes envisagent par ailleurs de vivre dans des agglomérations de taille plus modeste, voire même en milieu rural.  Cet appel d’air se profile particulièrement chez les jeunes actifs, parmi lesquels 44% se déclarent prêts à s’installer dans un nouveau cadre de vie. Parmi leurs atouts de ces villes moyennes, on trouve aussi une offre de commerce variée et aisément accessible, une part plus importante de la ville dédiée aux espaces verts, et un coût de la vie généralement plus faible que dans les grandes villes. Enfin, acheter plus grand que dans les grandes villes est toujours bon à prendre …

Tout ce qui précède met souvent des années à se concrétiser, mais certains facteurs viennent mettre un peu d’huile dans les rouages.

Ainsi, le Haut Conseil à la stabilité financière (HCSF) tout d’abord semble avoir un peu assoupli les critères d’obtention des prêts immobiliers, tout en rendant ces recommandations désormais normatives envers les banques françaises. Ainsi, le taux maximal d’endettement des ménages est porté depuis juin dernier de 33% à 35%, et la durée d’emprunt de 25 ans à 27 ans (pour le neuf). Enfin la marge de flexibilité accordée aux banques pour déroger à ces critères passe de 15% à 20% du volume des prêts accordés. Critères susceptibles d’évoluer selon une nouvelle décision.

Comme d’habitude, les organismes de crédit soulignent le poncif selon lequel les taux ne peuvent être plus attractifs. Mais une légère poussée inflationniste pourrait amener la Banque Centrale Européenne (BCE) à relever un tantinet ses taux directeurs à partir de l’année prochaine, ce qui aurait pour corollaire un petit renchérissement du crédit immobilier. Pour l’instant, selon les derniers chiffres connus de la Banque de France, on observe une stabilisation du taux de crédit moyen à environ 1,15%, contre 1,18% en mars dernier. Enfin, la durée moyenne de remboursement s’est établie cet été à 20 ans, avec un rapprochement de la durée d’emprunt maximale théorique. 

Stéphane Hovaere

L’ancien plutôt que le neuf

La pénurie de matières premières a entraîné une flambée des prix à la construction. Ce n’est pas vraiment la bonne année pour acheter dans le neuf, et en 2020 déjà on notait un recul des mises en chantiers, une baisse des permis de construire, etc. Selon certains constructeurs, les devis avaient déjà augmenté de 5 % à 8% avant l’été, un lissage qui semble devoir croître lorsque l’on sait que tous les matériaux de construction ont vu leurs prix s’envoler…