La chasse aux logements vides est ouverte

Une intéressante étude a permis de recenser les logements vacants dans l’hyper centre de Champagnole. Avec son lot  de surprises à la clé, comme cette foultitude de logements de moins de 60 m2.

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La rue des Jeux est particulièrement sinistrée, avec 40 à 50 logements vacants.

130 à 150 : c’est le nombre de logements considérés comme vacants dans l’hyper-centre de Champagnole (dans et autour de la « boucle » ceinturant la rue de Général Leclerc et l’Avenue de la République). Un chiffre qui pourrait paraitre élevé, mais qui s’explique par la présence de deux zones particulièrement désertées (comme par exemple la rue des Jeux qui recense à elle seule 40 à 50 logements vacants). Pour y voir clair, le maire Guy Saillard a commandité cette étude à Etienne Guinchard, étudiant champagnolais en Master de géographie. Selon le premier édile, il était temps de faire un état des lieux « maison par maison » grâce à des données de l’INSEE recoupées par une enquête de terrain. Et les premiers résultats sont surprenants : « Près de 35% des logements vacants ont une surface de 20 à 40 m2 » a expliqué Etienne Guinchard, et environ 22% ont une surface de 40 à 60 m2. Si on y ajoute environ 4% de logements inférieurs à 20 m2, la Perle du Jura compte donc en son sein environ 61% de logements de moins de 60 m2 : une taille incompatible avec un usage familial (à moins de les jumeler), mais qui pourrait convenir à des seniors…si une rénovation est envisageable. En effet, comme l’a souligné Guy Saillard, certains biens font peur à voir d’autant plus « qu’une maison non entretenue à l’extérieur ne l’est pas non plus à l’intérieur ». Outre la rue des Jeux où certaines fenêtres manquent à l’appel, de nombreuses façades font grise mine ailleurs, voire perdent leur crépi…

Des parkings à la place de vieilles maisons ?

Guy Saillard souhaite mettre le holà à cette évolution liée à des causes démographiques (propriétaires fortement âgés, départ de jeunes), des problèmes d’indivision, des habitats non adaptés (habitats au dessus des commerces servant de réserve), ou encore l’aspiration pour la maison individuelle (dévoreuse d’espace et source de l’étalement urbain). Afin de reconstruire la ville sur la ville, Guy Saillard a listé les solutions envisageables : « créer une taxe sur les logements vacants », une piste tentée ailleurs et non couronnée de succès selon lui ; lancer des procédures d’abandon manifeste (obligeant les propriétaires à procéder aux travaux nécessaires sous peine d’expropriations au profit de la commune) ; voire même des procédures de péril ordinaire ou imminent (obligation renforcée d’exécuter les travaux, voire démolition totale ou partielle de l’édifice). Selon Guy Saillard, la démolition de certaines maisons (par exemple situées entre l’Avenue de la République et la rue du Général Leclerc) permettrait en tout état de cause d’aérer certains îlots urbains « trop denses », et de créer par exemple de nouveaux parkings pour les habitants des logements rénovés.

Environ 25 commerces vacants

Toujours selon l’étude d’Etienne Guinchard, « environ 25 commerces sont vacants dans l’hyper-centre » (même zonage que les logements). Un chiffre que Guy Saillard a pondéré en fonction du turn over habituel, et de la bonne santé du commerce en général. Même si des îlots font pâle figure (Grand hôtel Ripotot, ancien Keep form, etc.), la volonté de « promouvoir les commerces du centre ville via des évènements/manifestations » a été réaffirmée. Voire de proposer des « boutiques à l’essai » dans des commerces inoccupés, pour permettre à de nouvelles entreprises de se tester.

Des aides à la rénovation

Comment se repérer dans le maquis d’aides, des aides pourtant substantielles ? Etienne Guinchard a répertorié de nombreuses subventions (dont certaines ouvertes « sans condition ») dans un prospectus qui sera largement diffusé au centre-ville. Outre la « requalification de logements indignes », l’amélioration des performances énergétiques peut être visée.