La Capeb fait entendre la voix du bâtiment à Paris

Une délégation jurassienne a été reçue par le cabinet du Premier Ministre pour trouver des solutions aux difficultés du secteur.

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La Capeb Jura a fait valoir 23 points directement auprès du Premier ministre.

Quand la Capeb (confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment) du Jura n’est pas contente, elle le fait savoir. Et puisqu’il vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints, une délégation emmenée par son président François Jouvenceau s’est entretenue le 12 novembre avec Antoine Saintoyan, conseiller aux affaires économiques du Premier Ministre.
Premier cheval de bataille : l’isolation à 1 €. Didier Menigoz, président de la Capeb 70 a résumé ainsi la situation : « Nous avons ouvert un numéro vert pour permettre aux clients de dénoncer des travaux d’isolation à 1 € mal faits, et nous avons reçu des centaines d’appels ! C’est un scandale que l’Etat puisse donner des aides pour faire des travaux « pourris » qui n’ont aucune efficacité énergétique».
La Capeb a demandé qu’un système de contrôle efficace soit mis en oeuvre rapidement. Deuxième pomme de discorde : l’emploi. Anne Janvier, patronne d’une entreprise de maçonnerie, a fait part de son exemple : « Il y a quelques années, nous avions 9 salariés et cela tournait plutôt bien. Depuis 3-4 ans, nous ne trouvons plus de salariés, au point que j’envisage de fermer mon entreprise. Près de ¾ de nos collègues employeurs disent ne pas trouver de main d’œuvre ! Près d’1/3 de nos collègues ont choisi parfois de refuser des chantiers, parfois d’arrêter le développement de leur entreprise ! ».

Les bulldozers à hydrogène pas encore au point

Elle a fait plusieurs propositions, dont l’une innovante : « Pour favoriser la mobilité, qu’un demandeur d’emploi dans un métier en tension (BTP) puisse avoir une prime de 2400 € (200 € par mois sur 2 ans) s’il prend un emploi dans une zone rurale ». La fin du gazole non routier (GNR), moins taxé que le gazole standard fait aussi tousser. Repoussée il y a un an (gilets jaunes « aidants »), les artisans du bâtiment voient son retour de mauvais œil : « La fin du GNR crée une concurrence déloyale avec les entreprises de travaux agricoles » (agriculteurs) selon Paul-Henri Bard, secrétaire de la Capeb. Ajoutant : « Il n’existe pas d’alternative crédible pour remplacer nos machines ».
On voit en effet mal marcher des bulldozers ou des pelleteuses à l’électricité, quant à l’hydrogène « rien n’est prêt ». La Capeb demande soit d’appliquer les mêmes règles pour tous, soit de mettre en place une compensation fiscale. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

Contact Capeb : 03 84 87 01 00