Jura sud : les hôpitaux en rémission mais…

Les vœux pour 2019 ont mis en exergue une hausse d’activité et une réduction du déficit. L’avenir de la 2e ligne de Smur pose toujours cependant des questions de vie ou de mort pour tous les habitants du Sud Jura. Une nouvelle manifestation de soutien est prévue ce lundi 21 janvier.

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Guillaume Ducolomb (à d.) a constaté une hausse de 5% de l'activité en médecine.

+ 5% ! En 2018, l’activité de médecine de la communauté hospitalière de territoire (CHT) Jura sud (qui regroupe Champagnole, Lons-le-Saunier, Morez, Arinthod-Orgelet-Saint-Julien et Saint Claude) s’est bien portée.
L’activité de la CHT (urgences, maternité, chirurgie) a cru au global de + 2,5 % (chiffres au 30/10/2018), ce qui selon son directeur Guillaume Ducolomb démontre qu’elle retrouve petit à petit la confiance des patients (et des soignants).
Il faut dire que l’année 2018 restera marquée par la fin de l’administration provisoire (une sorte de « mise sur tutelle »), imposée pour faire sortir la CHT de la crise. Le déficit ne cessait de se creuser, atteignant 12 millions € en 2017. Grâce à d’importants efforts, il est revenu à 10 millions € en 2018, et pour 2019 Guillaume Ducolomb table sur 8 à 9 millions de déficit : le cercle vicieux semble donc cassé, ce qui augure d’un possible retour à l’équilibre budgétaire d’ici quelques années.
Mais derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes : ce changement de cap a nécessité la réduction de lits en chirurgie pour augmenter beaucoup la chirurgie ambulatoire, fermer des lits et restructurer l’hôpital de Saint-Claude, fermer le service de médecine de Champagnole pour le transformer en SSR (soins de suite et de réadaptation), etc…
Une vingtaine de lits de lits supplémentaires passeront d’ailleurs de la médecine aux SSR en 2019.

Création d’un centre de dialyse à Lons-le-Saunier

Autre grand projet pour « fin 2019 début 2020 » : la création d’un centre de dialyse à Lons-le-Saunier en partenariat avec l’association Santélys dans le pavillon Seguin (auparavant occupé par des services supports). Une nouveauté qui sera sans doute un grand soulagement pour les patients qui doivent faire chaque jour ou presque de nombreux déplacements pour leur dialyse (le pôle de référence étant Saint-Claude pour le Jura).
Un service de psychiatrie pourrait également voir le jour à Lons, tandis que des projets se développent avec l’hôpital psychiatrique de Saint-Ylie. Enfin les partenariats ont toujours le vent en poupe avec le privé, comme avec la clinique du Jura.
Selon Jacques Pélissard, président du conseil de surveillance de l’hôpital, « il n’est pas raisonnable d’avoir deux blocs chirurgicaux à quelques centaines de mètres l’un de l’autre ». L’idée serait donc de les regrouper, tout en assurant les chirurgiens publics du maintien de leur statut.

Ce véhicule qui sauve des vies sera-t-il envoyé à la casse ?

Des décès à prévoir…

Malgré ces indicateurs plutôt positifs, une inconnue vitale pour tous les habitants du Jura sud (de Poligny à Saint-Amour, de Louhans à Moirans ou Doucier) demeure : la 2e ligne de Smur survivra t-elle à une volonté d’orthodoxie financière édictée en 2015 par l’Agence régionale de santé (A.R.S) ?
Et de nombreux jurassiens survivront-ils à cette disparition programmée ?
Eric Loupiac, délégué départemental de l’AMUF (association des médecins urgentistes de France) s’est encore insurgé contre les décès à prévoir si cette ligne fermait : « Encore dans la nuit du 5 au 6 janvier par exemple, les 2 lignes sont sorties en même temps ».
Sur sa page Facebook « Du blanc pour sauver des vies », le Smur de Lons a publié des témoignages chocs de patients qui sans ce second équipage ne seraient plus de ce monde. Un équipage qui depuis le 1er janvier 2019 fonctionne à crédit… Malgré l’intervention de Danielle Brulebois, député du Jura auprès de la ministre de la santé, Agnès Buzin, (qui avait assuré que « la fermeture n’est plus d’actualité tant qu’une solution satisfaisant toutes les parties n’aura pas été trouvée »), « pas un centime n’est budgété pour 2019 » déplore Eric Loupiac.

Jacques Pélissard : « Il faut assurer la sécurité des patients »

Guillaume Ducolomb, a également affirmé qu’il n’avait à ce jour reçu aucune nouvelle, alors qu’il faudrait environ 1 million €/an pour la maintenir à flots.
Pour Jacques Pélissard, « il faut assurer la sécurité des patients » dans une zone vaste, au relief accidenté, c’est pourquoi le conseil municipal de Lons a pris à l’unanimité une motion pour soutenir le maintien de la 2e ligne de Smur ou un équivalent.
A ce sujet, une solution pourrait selon lui se dessiner en cherchant des partenariats, « par exemple avec le SDIS 39 (service départemental d’incendie et de secours) ». Mais pour les urgentistes, le compte n’y sera pas, car il existe selon eux une grande différence de prise en charge entre un Smur et un véhicule des pompiers médicalisé. Avec à la clé une réelle perte de chances de survie pour toute la population du sud Jura.
Un nouvel appel à manifester est donc lancé pour ce lundi 21 janvier devant le service des urgences : chacun est invité à s’y rendre (si possible avec un brassard ou un accessoire blanc) pour soutenir la 2e ligne de Smur. Un médecin urgentiste médiatique de premier plan viendra à Lons pour apporter également son soutien et débattre avec les élus.  Il est aussi possible d’abonder la pétition « Contre la fermeture de la deuxième ligne du SAMU de Lons-le-Saunier » qui a déjà recueilli près de 3.000 signatures.

A suivre : rassemblement devant les urgences de l’hôpital de Lons le lundi 21 janvier à 14h30.
Plus d’informations : Facebook « Du blanc pour sauver des vies ».
Pour signer la pétition « Contre la fermeture de la deuxième ligne du SAMU de Lons-le-Saunier » : www.change.org