Une cérémonie en hommage à Jules Grévy

Alors que de nombreuses festivités ont été annulées pour garantir notre sécurité, un hommage solennel à Jules Grévy, sur l’initiative du Souvenir français, s'est tenu à Mont-sous-Vaudrey. Officiels et citoyens répondirent à cette invitation qui permit de se remémorer que le 14 juillet est devenu le jour de la fête nationale sous ce président jurassien. En cette année amputée, reportage d'un moment d'union post-confinement.

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Né le 15 août 1807 à Mont-sous-Vaudrey, François Judith Paul Grévy étudia à Dole, puis à Poligny, avant de se rendre à Paris où il devint avocat. S’engageant en politique sous la IIe République (1848-1852), il renonça finalement – puisque Louis-Napoléon Bonaparte se mua en Napoléon III. Toutefois, peu avant l’avènement de la IIIe République (1870-1940), il redevint un homme politique, si bien qu’après la chute du Second Empire (1852-1870), il fut quelque temps président de l’Assemblée nationale, puis de la Chambre des députés.
Mais ce n’est que le 30 janvier 1879, que cette carrière politique, déjà prometteuse, se concrétisa. Pour la première fois dans l’histoire de France, un président de la République française, républicain, fut élu par la réunion des deux chambres parlementaires, en Congrès, à Versailles.

 

« Cela fait la quatrième année que l’on fait cette cérémonie. Les gens de Mont-sous-Vaudrey sont attachés à Jules Grévy » ; Monsieur Machin, président du comité du Souvenir français de Mont-sous-Vaudrey.

Sous les deux mandats présidentiels du jurassien, entre 1879 et 1887, de nombreuses lois encore en vigueur aujourd’hui furent adoptées. C’est alors que par exemple, en 1880, le 14 juillet devint la fête nationale. Un moment visant à unifier les Français et les Françaises, tandis que la société était saignée par les divisions politiques.
Bien que le régime était parlementaire et que le président de la République avait beaucoup moins de pouvoir que l’actuel occupant du palais (qui rappelons-le, est un véritable dieu romain : N. B. Jupiter), Jules Grévy fut témoin de mutations sociales conséquentes.
Le 2 décembre 1887, son gendre, Daniel Wilson étant entaché par le scandale des décorations, il fut contraint de démissionner. Il décéda le 9 septembre 1891, dans son château de Mont-sous-Vaudrey, village dans lequel il repose toujours.

Officiels et citoyens répondirent à cette invitation qui permit de se remémorer que le 14 juillet est devenu le jour de la fête nationale sous ce président jurassien.

Une cérémonie symbolique…

En hommage à ce locataire de l’Élysée – et à ses pairs inhumés sur le territoire national – le Souvenir français organise chaque année, depuis 2017, le jour de la fête nationale, sur la sépulture des anciens chefs d’État, une cérémonie. Monsieur Machin, président du comité du Souvenir français de Mont-sous-Vaudrey se réjouit de l’engouement que provoqua cette demi-journée ; « Cela fait la quatrième année que l’on fait cette cérémonie. Les gens de Mont-sous-Vaudrey sont attachés à Jules Grévy ».
Une matinée d’autant plus solennelle puisque, comme l’indique Paulette Giancatarino, maire de Mont-sous-Vaudrey depuis mai 2020 ; « J’ai voulu que les maires mettent leur écharpe, ce qui était pour certains une grande première ».

Alors que de nombreuses festivités ont été annulées pour garantir notre sécurité, un hommage solennel à Jules Grévy, sur l’initiative du Souvenir français, s’est tenu à Mont-sous-Vaudrey.

« Premier chef d’État véritablement républicain de notre histoire » ; comme le précise Joël Bourgeot, sous-préfet de l’arrondissement de Dole, Jules Grévy fut également mis à l’honneur par l’inauguration de supports culturels visant à informer les passants de l’héritage immuable de Jules Grévy, à Mont-sous-Vaudrey.
Ce sont donc quatre panneaux, aux principales entrées du village, qui furent inaugurés. C’est au cours de cette manifestation que Laurent de Bondy, descendant du président jurassien, défendit son aïeul, Daniel Wilson, entaché par le scandale des décorations à la fin du XIXe siècle – ce qui provoqua la démission de Jules Grévy. Il tenta alors d’argumenter en faveur d’un complot politico-médiatique. Une conférence animée par ce Lochois devrait prochainement se tenir dans le Jura.

En arrière-plan, le caveau dans lequel repose Jules Grévy.

dans un village riche en patrimoine historique

Mont-sous-Vaudrey abrite un patrimoine matériel conséquent. Une partie de celui-ci est conservée dans la salle du patrimoine, restructurée dernièrement pour la saison touristique. Outre le monumental tableau de Jules Garnier représentant la cérémonie du 14 juillet 1880 – premier 14 juillet en tant que fête nationale – un buste d’Albert Carrier-Belleuse, la timbale de naissance d’Auguste Pointelin ou une huile sur toile représentant Léon Guignard, sont visibles.

Mont-sous-Vaudrey abrite un patrimoine matériel conséquent. Une partie de celui-ci est conservée dans la salle du patrimoine, restructurée dernièrement pour la saison touristique.

Un passé consigné dans l’ouvrage Gens de chez nous en 2005, puis Mont-sous-Vaudrey autrefois (1879-1990) dernièrement. En attendant, il est toujours possible de découvrir l’histoire de Mont-sous-Vaudrey en compagnie de Germaine Oudot, chaque jeudi, à 15h30 devant la mairie, et ce jusqu’au 13 août.