Journées de la sécurité : démonstration de force(s)

Toutes les forces de sécurité du Jura ont montré de quoi elles étaient capables : l’occasion d‘en savoir plus sur les spectaculaires hélitreuillages, les armes à disposition de la police, les saisies des douanes, etc. Tour d’horizon…musclé.

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Le PSIG est intervenu au Carcom de Lons pour extraire quatre victimes blessées dans une "tuerie de masse", au cours d'un exercice.

Limitées à Lons-Le-Saunier l’an dernier, les journées de la sécurité ont essaimé à Dole le 9 octobre, où plusieurs ateliers ont permis aux citoyens de savoir qui assure leur sécurité au quotidien : gendarmerie mobile, police nationale et municipale, pompiers, etc.
A Saint-Claude, c’est la brigade de gendarmerie de Nozeroy qui a informé le public sur le cyber-harcèlement, également le 9 octobre, tandis que les pompiers proposaient une démonstration de leur véhicule spécial «risques chimiques ».
A Lons le 11 octobre, de nombreux stands (gendarmerie mobile, sécurité civile, spéléo-secours, radio-amateurs, croix rouge, etc.) interpellaient le regard.

Les douanes sont dotées d’une voiture assez redoutable a expliqué le capitaine Vauchez (à gauche).

Les douanes ont du flair

Discrets mais efficaces : les douaniers ont encore ferré de gros poissons cette année et déjoué les cachettes des délinquants (dans le réservoir d’essence, dans une roue, sous le plancher, etc.) : par exemple 400 kg de méthamphétamine saisis sur l’A 39, pour une valeur marchande de 40 millions d’euros !
Beaux scores aussi du côté du cannabis, avec environ « 1.000 kg saisis à ce jour » selon le capitaine Jean-Marc Vauchez, chef de service des douanes à Lons. En raison de l’augmentation du paquet de cigarettes, les saisies de tabac s’envolent elles aussi (déjà 52 tonnes au 30 juin 2019), pas seulement à la frontière suisse, « mais aussi à la sortie de l’aéroport de Tavaux ou sur les plateformes de fret ».
Les douaniers peuvent aussi compter sur leur arme fatale : des caméras dissimulées sous le gyrophare de leur véhicule, capables de scanner à 360° et en continu toutes les plaques d’immatriculation à la ronde. Avec des effets redoutables de jour comme de nuit explique Jean-Marc Vauchez : « 2000 à 3000 plaques en quelques heures », et un zoom puissant (jusqu’à 200 mètres) permettant de débusquer les discrets.
« Notre logiciel embarqué interroge en temps réel le fichier des véhicules volés, et nous pouvons par exemple arrêter les véhicules qui portent des plaques d’immatriculation en doublette ».

La police nationale a montré comment maitriser en quelques secondes un assaillant armé.

La police nationale en force

La police nationale de Lons-le-Saunier a démontré les mille et une méthodes d’arrestation de malfaiteurs à mains nues : des méthodes particulièrement efficaces s’apparentant à un véritable art martial. En cas de besoin, ils peuvent également recourir au fameux Taser®, « arme la plus utilisée dans le Jura » selon un policier.
Dans la catégorie supérieure, ont été exposés le pistolet mitrailleur 9 mm et le G36 HK, fusil d’assaut à l’efficacité redoutable. Contre le grand banditisme lui aussi parfois lourdement armé (les non moins célèbres Kalachnikov), seul le gilet lourd (environ 20 kg) s’impose, le gilet pare-balles ordinaire étant perforé. Malgré leur abnégation et leur courage quotidien, certains policiers ont du vague à l’âme lié –entre autres – à certains sous-effectifs. A Dole comme à Lons, un seul équipage tournerait la nuit (2 à 3 fonctionnaires). Jean-François Beauvois, directeur de cabinet du préfet du Jura a assuré que « le mode de calcul des effectifs serait révisé ».
A suivre…

L’escadron 46/7 de gendarmes mobiles basée à Dole, comporte près de 100 hommes dédiés au maintien de l’ordre public.

Les gendarmes mobiles

Tout comme les CRS, les gendarmes mobiles interviennent pour maintenir l’ordre public. Mis à rude épreuve par les « gilets jaunes », l’escadron 46/7 basé à Dole peut déployer sa centaine d’hommes sur tous types de manifestations (réforme des retraites, Tour de France, etc.). Avec un équipement impressionnant qui pèse lourd sur les épaules (18 kg pour le gilet lourd, 5 kg pour le seul ceinturon comprenant l’arme de service et les munitions entre autres).

Dossier réalisé par Stéphane Hovaere

Les sapeurs-pompiers ont simulé une prise en charge simultanée de plusieurs victimes (tuerie de masse).
Les secouristes doivent avoir le coeur bien accroché, à près de 60 mètres du sol.

Spectaculaire hélitreuillage à Lons

Dans le cadre des journées de la sécurité, des démonstrations d’hélitreuillage spectaculaires ont été organisées par la préfecture du Jura à Lons le Saunier.
Dragon 25, hélicoptère de la sécurité civile basé à La Vèze (Besançon) a simulé le treuillage d’une victime conditionnée dans une civière. Le groupe montagne sapeurs-pompiers (GSMP) et le peloton de gendarmerie de montagne (PGM) sont intervenus depuis une hauteur comprise entre 40 et 60 mètres. Cent vingt collégiens (lycée professionnel de Montciel) ont eu la chance d’assister à cette intervention, qui se déroule d’ordinaire en terrain difficile (forêts, falaises, etc.), comme par exemple dans les cascades du Hérisson. Le pilote, Xavier Milliet –un ancien pilote militaire- a dévoilé aux élèves les secrets de son petit bijou de technologie : un EC 145 d’Eurocopter, d’une valeur de 8 millions d’euros tout équipé, permettant d’embarquer jusqu’à 11 personnes.
Parti renforcer la Martinique l’été dernier durant un mois, l’appareil peut désormais rayonner à nouveau sur tout le Jura. L’opérateur de bord Eric Idatte, joue lui aussi un rôle crucial dans les manœuvres :
« Quand il est à la verticale des victimes, le pilote ne voit rien. Je le guide à la voix : en avant 10 mètres, à gauche, à droite, avant de descendre le treuil ».
En pratique, Dragon 25 est déclenché en fonction du lieu de l’intervention et de la gravité de celle-ci a expliqué Hervé Gros, chef de centre à la caserne de pompiers de Lons : par exemple « pour éviter à des blessés polytraumatisés de souffrir sur une route cahoteuse ». En 2019, l’appareil a effectué une vingtaine d’opérations  de secours avec le GSMP et une quinzaine avec le PGM.