Jean-Philippe Lefèvre : mais qui est-il ?

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Sa passion pour la ville de Dole, la Région, la culture, les gens, est restée la même ces dernières années, avec l’expérience en plus. Retour sur le parcours d’un Jurassien à l’énergie contagieuse.

Jean-Philippe Lefèvre est né en région parisienne, mais sa famille est originaire de Our depuis quatre siècles. « J’ai grandi à partir de 7 ans à Our », se confie-t-il bien volontiers. Tout gosse, il était déjà passionné par l’histoire, d’abord familiale puis celle de son village. « J’avais la chance d’avoir un papa et un grand-père très conteurs », sourit-il. A 10 ans, il se souvient que son instituteur d’Orchamps prédisait qu’il serait professeur d’histoire. De sa maman, il a hérité le côté esthétique. « Je suis né dans une famille de maîtres-fourreurs (haute couture) ».

Son grand-père et sa mère créaient des fourrures. Jean-Philippe Lefèvre conserve un vrai attachement à son village. « C’est la terre de mes morts. »

 

La passion de transmettre

De ses études à Sciences Po à Strasbourg, il est revenu avec un diplôme de la section service public.

« Je me destinais à l’époque à être directeur d’hôpital ». La vie en a décidé autrement et plus précisément un professeur d’histoire du lycée Mont-Roland, qui, proche de la retraite, l’a appelé pour lui suggérer de postuler à sa succession. Jean-Philippe Lefèvre a passé son Capes (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré).

« Cela fait trente-deux ans que j’enseigne avec la même passion et j’essaie de temps en temps de continuer la recherche ». Récemment, il a conquis son auditoire à l’occasion d’une conférence sur le Japon. Il aimerait travailler sur la manière dont la ville de Dole était connectée avec l’Empire de Charles Quint et Philippe II. Rien que ça… « Dès que je peux faire une visite guidée, je le fais, car c’est mon vrai métier », poursuit-il. Sa passion, on l’a bien compris, est de transmettre.

S’engager, il en a également eu la volonté très jeune, en commençant comme délégué de classe. Et puis la décision de son père de se présenter sur une liste aux municipales à Orchamps en 1983 l’a fait basculer. « Il m’a fait rencontrer Charroppin, Barbier, Brantus… Je mange avec eux, je colle des affiches et ça commence comme ça ! » En 1986, Jean Charroppin lui a proposé de devenir délégué départemental à la jeunesse du RPR. Il a rencontré Damien Meslot, Xavier Bertrand, Renaud Muselier.

« Le RPR était une formidable école, affirme-t-il. C’était du vrai militantisme. Cela a été une école de la fraternité. Je reste un Gaulliste convaincu. » Jean-Philippe Lefèvre le martèle : il n’a pas adhéré à cette famille-là par hasard. « J’ai appris que l’effort personnel est une notion essentielle. »

Yves-Marie Lehmann… « C’est une rencontre marquante. Notre jeu, c’est de commencer des discours de de Gaulle et voir lequel continue », s’amuse-t-il.

Et de partir dans ses pensées vers plein d’autres rencontres qui ont compté.

Il œuvre pour la culture depuis 1990

Sa première entrée au conseil municipal de Dole ? 1989.

« En 1990, Gilbert Barbier m’a confié la réflexion et le projet de redonner vie au théâtre municipal à ma demande, rappelle-t-il. Je me plonge alors dans les questions culturelles et je n’en ressortirai jamais. Je pense que j’avais une sensibilité préalable. » En 1995, il deviendra adjoint à la culture de Gilbert Barbier. « Dans ces années-là, mon bébé, ce sont les Scènes du Jura. Nous, ça allait très très bien le théâtre à Dole et il n’y avait rien à Lons. J’ai travaillé avec Eric Vuillemey. » Il souligne alors « l’intelligence de générosité entre les élus à l’époque pour garnir une corbeille commune ».

Résultat : un très beau dossier et l’autre ? « Faire de Dole une ville d’art et d’histoire ». En 2000, autre date à ne pas oublier, les Caves ouvraient…

En 2008, « les électeurs me proposent de prendre quelques vacances, un formidable moment pour rebondir ». Jusque-là, Jean-Philippe Lefèvre existait par les maires. Cette même année, la FNCC (fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture) lui propose d’être son directeur de la formation. Il va travailler avec des élus à la culture. « On m’a apprécié pour mes compétences, se souvient-il. J’étais émancipé. »

Cela lui a permis de rentrer à l’Université pour donner des formations sur les politiques culturelles. « C’est comme ça que l’an dernier, j’ai donné une conférence en Croatie sur la place de la culture dans la revitalisation du centre-ville », illustre-t-il.

En 2014, il pensait vraiment que le virus de la politique l’avait abandonné. Mais Jean-Philippe Lefèvre avait envie de rendre à Dole tout ce qu’il avait appris en tant que responsable de formations et il était enthousiaste de rejoindre Jean-Marie Sermier. Le nouveau maire de Dole lui proposera la place d’adjoint à la culture et il lui donnera aussi les affaires internationales.

« Notre rôle est d’orienter »

« J’essaie d’appliquer ce que j’ai appris aux autres, résume Jean-Philippe Lefèvre. J’ai une politique claire, précise et notre rôle est d’orienter, pas de choisir. » Il résume son action en quatre points : faire ensemble, sortir la culture des lieux dédiés, valoriser artistiquement les pratiques amateurs, accompagner le foisonnement. Tout cela peut se traduire par sa mise en place des galeries éphémères ou de Pupitres en liberté. « Et d’avoir conduit tambour battant la rénovation de la Fabrique et d’avoir convaincu les collègues de s’engager dans la rénovation du théâtre », poursuit le passionné. Intarissable.

En décembre 2015, Jean-Philippe Lefèvre s’engage dans la campagne électorale des régionales avec la même passion qui l’anime ailleurs. « J’espérais participer à une nouvelle majorité, mais le moment était peu propice (attentats) et je pense que la droite et le centre ont mis du temps à se mettre en route. » A la Région, l’élu a trois étiquettes : « Un, je suis Monsieur Culture. Deux, mes interventions sont très littéraires avec beaucoup de citations, références historiques, liste-t-il. Trois, je reste le Gaulliste ». Le Dolois se considère aussi comme un sniper par rapport au FN, tout comme Gilles Platret.

« Il y aurait l’extrême-gauche, ce serait pareil, ajoute-t-il. Je ne supporte pas les extrêmes. Je les considère comme aussi dangereux. »

Conseiller régional en territoire

Et ce mandat le… passionne !

« J’ai essayé de définir un concept : conseiller régional en territoire. Les gens nous voient de très loin », observe-t-il. Alors il passe ses journées à aider les associations, les élus, à décrypter les politiques régionales. Il est notamment fier d’avoir fait bouger les choses sur le patrimoine religieux non protégé.

Et à la question, et après ? Il répond : « Je suis à disposition ». Sur le plan politique, Jean-Philippe Lefèvre sait dans quelle famille il est et il y est bien. « Je n’en ai jamais changé, insiste-t-il. Si je peux encore porter cette parole quelque temps, je le ferai avec plaisir. J’ai une vraie envie de Région. J’ai envie de participer à un nouveau projet régional. J’ai cette envie chevillée au corps. »

Passion, envie, engagement… Jean-Philippe Lefèvre devrait ouvrir un nouveau chapitre de son histoire ce mois de décembre !

A suivre…