Jean-Baptiste Jupille, un jurassien soigné de la rage par Louis Pasteur

Né le 30 novembre 1869 à Port-Lesney, Jean-Baptiste Jupille, après avoir été mordu par un chien, est le deuxième individu à bénéficier du vaccin antirabique de Louis Pasteur (1822-1895). Retour sur cet épisode fondateur et mystifié…

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Depuis cet épisode fondamental, plusieurs représentations de ce courageux jeune homme ont été réalisées telle une fresque de Jean-Marie Pierret visible sur le mur de la mairie de Villers-Farlay.

 

Le 14 octobre 1885, à Villers-Farlay, le berger Jean-Baptiste Jupille, accompagné de cinq camarades, garde son troupeau. Tout à coup, un chien égaré et fou s’aventure vers les jeunes. Couvrant la fuite de ses camarades devant un tel danger, Jean-Baptiste Jupille, dans sa lutte acharnée avec le canidé, arrive à le noyer dans un ruisseau. Néanmoins, le berger est mordu gravement à plusieurs reprises par la bête enragée.

Le lendemain, deux vétérinaires, M. Louvrier d’Arbois et M. Jacquemin de Poligny, autopsient l’animal. Leurs conclusions sont sans appel : la bête souffre de la rage. Le berger Jean-Baptiste Jupille est alors en grand danger de mort.

Il faut sauver le berger Jupille

Après cette journée de chien, Pierre Joseph Perrot, le maire de Villers-Farlay, tente le tout pour le tout. Le 16 octobre, il écrit soigneusement une lettre qu’il envoie aussitôt à Louis Pasteur, savant qu’il a eu l’occasion de rencontrer à Arbois. Louis Pasteur, alors professeur à l’École normale supérieure de Paris, accepte de recevoir le jeune homme. Le 20 octobre, Jean-Baptiste Jupille foule, grâce à de multiples dons, le sol parisien. Une course contre la montre démarre alors.

Entre le 20 et le 30 octobre 1885, le berger Jupille reçoit plusieurs injections antirabiques. Déjà en juillet, Louis Pasteur avait testé ses travaux sur le jeune Alsacien Joseph Meister. Le 26 octobre 1885, devant l’irréfutabilité des effets du vaccin antirabique, le scientifique officialise à l’Académie des Sciences son incroyable découverte. Au début du mois de novembre, Jean-Baptiste Jupille revient, sauvé, dans le Jura.

L’héroïsme de Jean-Baptiste Jupille lui permet de recevoir le prix Monthyon. Quelques années après l’événement, il travaille à l’Institut Pasteur. Il trépasse le 29 septembre 1923 à Joinville-le-Pont. Depuis cet épisode fondamental, plusieurs représentations de ce courageux jeune homme ont été réalisées telle une fresque de Jean-Marie Pierret visible sur le mur de la mairie de Villers-Farlay.