Ivan Jacquin, avant tout musicien mais aussi écrivain

Le Jurassien d’origine a publié un recueil de nouvelles. Il est également l'auteur de La Symphonie du Juif errant Livre I, le miroir de l'opéra-rock du même nom qu’il a composé. Rencontre…

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Ivan Jacquin, qui êtes-vous ?

J’ai 46 ans, avant tout musicien et professeur de piano, et j’ai un autre métier salarié. Pianiste, chanteur, mais aussi un peu batteur et percussionniste, et guitariste acoustique. Auteur-compositeur, j’ai joué dans beaucoup de groupes régionaux depuis vingt ans. Actuellement, je joue dans Amonya (trio acoustic jazzy aux couleurs celtiques), Psychanoïa (rock metal mélodique) et Foreign (Opera-rock symphonique). Je compose également des musiques pour d’éventuels films et documentaires et participe à quelques projets musicaux d’autres artistes.

D’où êtes-vous dans le Jura ?

Je suis né à Dole, et j’y suis resté jusqu’à mes dix-huit ans. Ensuite, je suis parti pour quelques années d’études à Belfort, puis à Besançon. J’ai vécu dans cette ville que j’adore et ses environs pendant vingt ans. A présent, je suis installé à la campagne entre Gray et Dijon.

Vous avez d’abord publié un recueil de nouvelles rédigées durant vingt ans sur le thème de la solitude. A sa lecture on a l’impression que vous êtes “obsédé” plutôt par l’amour, le bonheur, et vos histoires sont celles de rencontres. Qu’en pensez-vous ?

L’écriture de « Solitudes » a débuté au milieu des années 1990, lorsque j’avais une vingtaine d’années. La dernière nouvelle a été achevée en 2017, on sent parfois l’évolution de l’écriture avec l’âge et l’expérience de la vie, jonchée de mauvaises périodes comme des meilleures de mon existence. Je ne dirais pas « obsédé » par l’amour ou le bonheur, plutôt concerné par ces sentiments et ces recherches car je pense qu’elles sont inhérentes à l’humain. C’est ce que nous cherchons toutes et tous, plus ou moins, chaque jour qui passe… Etre bien dans sa vie, du moins se sentir le mieux possible, et être aimé, apprécié, compris… Donc oui, l’amour et le bonheur sont essentiels à la construction de l’être, ce qui passe, comme vous le suggérez dans votre question, par les rencontres. Et qui dit rencontres dit absence de rencontres parfois, volontaire ou non, ce qui se nomme la solitude… Je suis moi-même, je le pense, profondément solitaire. Et toute ma vie, je me force à devenir le plus sociable possible, pour moi et pour les gens que j’aime surtout. Je connais donc bien ces différentes facettes de la solitude et il me semblait intéressant d’écrire sur ce que je connais bien, et pas forcément en négatif ou dans la tristesse ; car il existe aussi des formes de solitude positives, constructrices, réparatrices de soi.

Vous êtes également l’auteur de La Symphonie du Juif errant Livre I, le miroir de l’opéra-rock du même nom que vous avez composé. Quel a été l’exercice le plus difficile des deux et pourquoi ?

Evidemment le projet musical, car il regroupe 40 musiciens français de tout style musical, les emplois du temps de chacun ont été très compliqués à faire coïncider, les enregistrements aussi car j’ai fait les trois-quarts tout seul dans mon petit studio d’enregistrement, j’ai accueilli des artistes de tous genres, que je connaissais ou rencontrés grâce aux réseaux sociaux, j’ai vécu de très belles rencontres amicales et artistiques, j’ai appris beaucoup aussi, car c’étaient mes premiers essais comme preneur de son et maître d’oeuvre d’un projet aussi grand. Mais l’enthousiasme de tous les participants m’a porté jusqu’au bout de ce premier disque. J’ai ensuite écrit le détail de l’histoire sous forme de nouvelle pour celles et ceux qui veulent suivre le déroulement de cette histoire, et aussi ceux qui ne comprennent pas les textes en anglais des chansons.

Vous préparez les deux prochains volets de l’histoire ainsi que les deux albums qui y sont liés. Quand cela sera-t-il prêt pour votre public ?

Le deuxième album est prévu fin septembre 2019, je pense que le Livre II accompagnera le CD. Cette fois, je me suis entouré de quelques artistes connus mondialement dans le milieu rock et metal. Musicalement et grâce à ces participants de renom, la musique sera un cran au-dessus du premier album. Quant au final de la trilogie, on verra vers 2022 ? J’ai d’autres projets sur le feu, moins chronophages et remis depuis trop longtemps à plus tard, un album de compositions personnelles avec Amonya, un album de duos, un album un peu atmosphérique sur le monde minéral, fossiles et pierres précieuses, une autre de mes passions, le quatrième album de Psychanoïa qui est en cours…

Quels sont vos autres projets ? Il est question de trois romans en cours de création (Je pars, La Fenêtre au fond de la nuit et Mélodies internes).

Oui, « Je pars » est commencé depuis longtemps, c’est un roman sur la fuite d’un homme qui ne supporte plus la banalité de son quotidien, alors il quitte tout, abandonne famille et amis et part à l’aventure aveugle, avec beaucoup de détachement au départ, mais les questions et les souvenirs vont prendre une part de plus en plus importante en lui. Peut-être regrettera-t-il son geste extrême ? Ou commencera-t-il une autre vie, plus forte, plus vraie, plus essentielle…

« La fenêtre au fond de la nuit » est un roman d’intrigue sur fond de recherche de soi et de mystère teinté de légende et surnaturel, qui se passe dans le fin fond du Haut-Jura… « Mélodies internes » est une autobiographie, où je parle de ma condition d’artiste dans un monde bien matériel, suicidaire et tellement rapide, que je comprends de moins en moins et dans lequel je ne trouve que très rarement ma place, commencé à mes quarante ans, que je pensais finir il y a quelques années mais mes occupations musicales ont pris le dessus. Donc il n’est pas près d’être achevé… mais qui sait…

Comment faites-vous pour mener plusieurs projets de front ?

J’ai toujours été occupé par la musique à composer pour plusieurs groupes en même temps et m’occuper des démarches, des recherches de concerts pour ceux-ci, et écrire des textes et des petits poèmes est très habituel également. Donc mener un travail d’écriture et de composition musicale est comme une deuxième peau pour moi. Le côté bipolaire du Gémeau que je suis peut-être…

Pour découvrir l’artiste :

http://www.facebook.com/ivanjacquinauteur

http://www.facebook.com/ivanjacquinmusic

http://www.edilivre.com

http://www.foreignrockopera.bandcamp.com