Impact économique lié à la crise sanitaire en Bourgogne-Franche-Comté

Les mesures mises en place en France et plus généralement dans le monde pour contenir l’épidémie de coronavirus ont des conséquences lourdes sur le fonctionnement des différentes économies. Alors que la France entame son déconfinement progressif, l’activité économique en France métropolitaine serait globalement en baisse de 33 % par rapport à une situation normale...

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Une perte majeure d’activité, évaluée à 32 % pour la Bourgogne-Franche-Comté

En faisant l’hypothèse qu’une branche d’activité est affectée avec la même intensité dans tous les territoires qu’au niveau national, les mesures de confinement y étant similaires, les différences observées entre les régions et les départements reflètent donc essentiellement des différences de composition de leur tissu économique.
Ces différences dans la structure sectorielle génèrent des disparités dans les pertes d’activité régionales ; disparités plutôt limitées au regard de l’ampleur du choc qu’ont partagée toutes les régions.
Ainsi, la Bourgogne-Franche-Comté subirait une baisse d’activité de 32 %, comparable au
niveau national.
Certaines régions apparaissent structurellement un peu plus impactées que l’ensemble national à l’image de la Corse, de l’Île-de-France, d’Auvergne-Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte d’Azur; d’autres un peu moins, comme les DOM, la Bretagne et les Hauts-de-France. La région métropolitaine la moins affectée est la Bretagne.
En Bourgogne-Franche-Comté, la perte d’activité est estimée à – 33 % dans le Territoire de Belfort, le Doubs et la Côte-d’Or. Elle atteindrait les – 32 % en Saône-et-Loire, en
Haute-Saône et dans le Jura. Elle serait importante également mais un peu plus limitée dans l’Yonne, – 31 % et la Nièvre, – 30 %.

La construction, les commerces, le transport, les services aux entreprises et l’industrie sont très touchés

Les services marchands perdent dans l’ensemble 36 % de leur activité, mais bien davantage dans l’hébergement-restauration, les transports et l’entreposage, le commerce, et les services aux entreprises. Ces secteurs sont moins présents en Bourgogne-Franche-Comté qu’au niveau national.
Aussi, si la baisse d’activité des services marchands explique la moitié de la baisse de l’activité totale dans la région, 16 points sur les 32, c’est moins qu’en France métropolitaine, 20 points.
L’industrie a ralenti son activité de 38 %. L’économie de Bourgogne-Franche-Comté étant très tournée vers l’industrie, ce secteur explique 7 points de la baisse d’activité régionale, davantage qu’au plan national, 5 points.
La construction, le secteur qui tourne le plus au ralenti avec 75 % de perte d’activité, participe à la baisse d’activité totale de 4 points.
L’agriculture est beaucoup moins touchée et participe à hauteur de 0,5 point.

Près de 291 100 salariés, non-salariés et intérimaires potentiellement très fortement impactés

Les secteurs très fortement impactés par le ralentissement économique que connaît la France depuis le début de la période de confinement sont ceux dont l’activité serait réduite de plus des deux tiers, par exemple de la restauration, l’hébergement, le commerce ou la construction.
Ces activités emploient environ 291 100 personnes. Près de 211 100 salariés, soit 24 % des salariés (hors intérimaires) de Bourgogne-Franche-Comté exercent dans ces secteurs très fortement impactés. C’est également le cas de 40 % des non salariés de la région, soit 48 200 personnes. S’ajoutent également 31 800 intérimaires.
La plupart des salariés employés dans ces secteurs très fortement impactés sont employés par une petite entreprise. Environ 40 % sont salariés d’un établissement de moins de 10 salariés et près de 34 % sont employés par une structure de taille un peu plus importante, un établissement de 10 à 49 salariés.

 

Chute du nombre d’entreprises créées et des déclarations d’embauche

En mars 2020, la Bourgogne-France-Comté enregistre 1 214 créations d’entreprises toutes
catégories confondues, soit une baisse de 31 % par rapport au mois précédent et de 36 % par rapport à mars 2019.
Elles sont particulièrement moins nombreuses que l’an passé dans le Doubs et l’Yonne, de respectivement 40 et 42 %. C’est en Saône-et-Loire et dans le Jura que la baisse
est moins prononcée même si elle reste marquée, – 26 et – 30 %.
Dans l’ensemble de la région, le nombre de créations d’entreprises chute lourdement dans le commerce, – 46 %. Viennent ensuite les services, – 40%, mais ce secteur est toujours celui où se font la majorité des créations. La baisse est plus limitée dans l’industrie, – 17 %. Le nombre de créations a commencé à diminuer significativement dès la semaine du 9 au 13 mars, c’est-à-dire juste avant le confinement. Il s’est effondré dans la semaine du 16 au 20 mars.

 

 

Chute des transactions par carte bancaire, et donc de la consommation des ménages

Comme dans toutes les régions de France métropolitaine, un fort recul des transactions par carte bancaire s’est produit en Bourgogne-Franche-Comté lors de la mise en place du confinement le 17 mars.
Ces transactions ont légèrement augmenté la semaine précédente, par rapport à l’année
précédente, ce qui s’explique par une anticipation des mesures de confinement, c’est-à-dire qu’il y a eu un pic de consommation pour effectuer du stockage par anticipation de pénuries.
Par la suite, le nombre de transactions chute, de manière similaire en France et en BourgogneFranche-Comté : il est, dans la semaine du 16 mars, qui n’est pas une semaine complète de confinement, d’environ 40 % inférieur à l’an passé.
Les deux semaines suivantes, il est inférieur à la normale de respectivement 60 % et 55 %. Il y a un léger redressement les semaines suivantes : ceci est peut-être dû à la réouverture de ventes à emporter dans la restauration, le bricolage et plus tard la jardinerie… ; au changement de manière de consommer avec des livraisons qui augmentent et aussi la reprise de certaines consommations autres que des denrées alimentaires.
Les ménages avaient pu suspendre l’achat de certains biens pendant les premières semaines du confinement et en voyant celui-ci se prolonger, ils les ont finalement achetés.

Des disparités départementales à l’intérieur de notre région

Tous les départements ne sont pas touchés avec la même intensité. Dans la région, c’est en Côte d’Or que la baisse est la plus forte, – 66 % la semaine suivant la mise en place du confinement par rapport à la semaine précédente. L’effet “métropolisation” de Dijon peut expliquer cette disparité.
Habituellement, l’agglomération dijonnaise attire, pendant la semaine, le plus d’actifs venant y travailler. Ces actifs y effectuent également des achats. Elle attire aussi des consommateurs des départements autour qui viennent le week-end dans ses grands centres commerciaux. Tous ces échanges ne se font plus pendant le confinement et font baisser les transactions en Côte-d’Or.
Il faut aussi ajouter les étudiants, nombreux sur Dijon, qui sont partis se confiner dans leurs familles qui n’habitent pas forcément dans le département. De plus, c’est aussi en Côte-d’Or que le tourisme d’affaires et de loisirs est le plus important en Bourgogne-Franche-Comté, un secteur à l’arrêt qui engendre également une baisse des transactions.
La baisse des transactions cette semaine-là est également marquée mais un peu plus modérée, – 59 à – 57 %, dans le Doubs, le Territoire de Belfort, la Saône-et-Loire et le Jura, et autour de – 51 à – 48 % dans l’Yonne, la Nièvre et la Haute-Saône.