Immobilier : recherche maison(s) avec terrain

Covid aidant, le domicile est devenu le temple des jurassiens peu ou prou sommés d’y vivre, étudier, travailler depuis un an. Un bouleversement qui a conduit à une réorientation du marché. Analyse croisée avec les notaires du Jura et la FNAIM.

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Confinement, Covid et autres couvre-feu ont donné de nouvelles idées à de nouveaux propriétaires ou locataires.

Un besoin d’espace grandissant

Le besoin d’espace devient grandissant, et notre département le permet… (Crédit photo : Yves Regaldi)

 

D’après Me Agnès Buscoz, notaire à Saint-Claude, certaines disparités émaillent la situation de l’immobilier dans le Jura. Sur Dole, les maisons avec un peu de terrain tiennent la corde, à tel point que ce type de bien est devenu quasiment impossible à trouver à proximité de la ville.
Résultat : les acquéreurs s’éloignent des centres-villes, aspirant à trouver une certaine qualité de vie depuis les confinements, mais aussi les mesures sanitaires qui s’éternisent. Orchamps par exemple tend à devenir la 2e couronne de l’agglomération bisontine. Résultat : « une hausse des prix estimée à + 10% environ » sur ce type précis de biens précise la notaire, les logements perdant au contraire de la valeur.

Pas d’infléchissement à Lons

Du côté de Lons, les prix au m2 ne semblent pas avoir connu d’infléchissement notoire lié à la situation sanitaire. Tout au plus recense-t-on « quelques appels provenant de personnes extérieures au département –des lyonnais par exemple- soucieux de trouver un bien à acquérir ». Fidèle à sa tradition préfectorale, la ville qui renforce son bataillon de fonctionnaires (des finances publiques par exemple) peut intéresser des investisseurs susceptibles d’acquérir des immeubles de rapport.
A ce sujet, Me Buscoz confirme un certain succès pour la location en meublé, plus intéressant semble –t-il pour les investisseurs.

Une appétence pour les maisons avec terrain

Enfin pour Saint-Claude, la baisse de la population sanclaudienne est compensée peu ou  prou par la hausse des résidents dans la communauté de communes environnante. Comme à Dole, on note une appétence pour les maisons avec un peu de terrain, surtout dans la perspective de reconfinement(s). La modicité des prix immobiliers attire des investisseurs de départements extérieurs pour y faire du locatif.
Sur ce marché, Me Agnès Buscoz souligne « l’énorme disparité de prix entre la vallée de Saint-Claude et les plateaux frontaliers » toujours aussi dynamiques en termes de volume. De manière générale, le volume des transactions semble avoir rebondi dans le Jura après les interdictions de visites liées aux fermetures administratives et compagnie.

La maison individuelle avec terrain fait des émules depuis les épisodes traumatisants des confinements.

Refus de prêts et stabilisation des prix au national

Le réseau national d’agences immobilières note au terme d’une enquête réalisée en décembre 2020 auprès de 1 082 agents immobiliers affiliés à la FNAIM plusieurs tendances. Depuis la reprise des visites, 65% ont observé une baisse de leur volume d’activités. Or pour nombre des agents immobiliers interrogés, l’explication de ce recul réside davantage dans les restrictions de crédit que dans la crise sanitaire. La preuve, expliquent-ils, près de la moitié (47%) ont vu augmenter les annulations pour refus de prêts. L’assouplissement des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a certes été apprécié. Mais à l’avenir, quelle sera l’attitude des banques ?
Si la prudence l’emporte chez elles, notamment vis-à-vis des acquéreurs travaillant dans les secteurs touchés par la crise, cet attentisme agira, selon les agents immobiliers, comme un frein sur le marché en 2021. 2020 a apparemment été l’année de la revanche pour les communes rurales, devenues les coqueluches des ménages urbains cherchant à fuir le confinement. Cette attractivité tarde à se traduire en termes de prix.
Selon la FNAIM, ces localités ont simplement freiné leur érosion, en ne reculant en valeur que de 0,5%, après avoir dégringolé de 10,3% sur la décennie. Au final le marché du logement national s’est montré assez résilient, avec un volume de transactions en légère baisse, et des prix qui résistent, toujours soutenus par le niveau très bas des taux d’intérêt.

Jouir d’un domicile adapté à la famille n’a jamais été aussi important.