Jura. Région. Grosse mobilisation pour la santé publique et l’hôpital

Sur la lancée de leur capital sympathie acquis durant la pandémie, les soignants ont demandé des actes. Une première grosse manifestation dans le Jura depuis le déconfinement.

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600 manifestants (selon la police) ont manifesté bruyamment devant l'ARS, la préfecture, et l'hôpital.

“Nous n’avons plus d’hôpital public. Il ne reste que 14 places de réanimation dans le Jura. Aujourd’hui, on règle nos comptes. Ils (le gouvernement N.D.L.R.) ont des engagements envers nous et on ne laissera pas faire».
A l’appel d’une quinzaine d’organisations (syndicats, partis politiques, associations, mutuelles), 1.400 manifestants selon les syndicats (600 selon la police) ont parcouru les rues de la ville préfecture « pour la défense et le renforcement du système de santé public ». En tête du cortège, du personnel de l’hôpital de Lons de blanc et de noir vêtu venu demander des actes. Après les grands discours au cœur de la pandémie, ils attendent du concret. Certes, il y a déjà eu cette prime exceptionnelle jusqu’à 1500 €, mais la plupart estiment qu’il s’agit là d’un os à ronger. Alors que le Ségur de la santé concerte et que l’exécutif promet des actes début juillet (avant un 14 juillet dédié aux soignants), les manifestants ont réclamé : « davantage de lits » et/ou l’arrêt de leurs suppressions, « l’augmentation des effectifs des personnels soignants », « la revalorisation généralisée des salaires » passant par une augmentation de 300 € minimum par mois.

« Éviter que la carte verte (Vitale), ne soit pas remplacée par la carte bleue »

D’après la CGT du Jura, ces objectifs doivent se traduire ainsi dans notre département : « conforter les trois hôpitaux publics Dole/ Lons/ Saint-Claude”.
Environ 300 manifestants ont d’ailleurs défilé dans la capitale du haut-Jura, et environ 350 dans la capitale du nord Jura. Toujours selon le syndicat, il faut “reconstruire le maillage territorial des hôpitaux de proximité (Champagnole, Orgelet, Arinthod, Salins, Morez et Arbois) » ; « une politique volontariste pour combler les déserts médicaux de la médecine de ville en ruralité » ; « une augmentation de places en EHPAD public de proximité » entre autres.
A Dole, les aspirations convergent vers « la réouverture de la réanimation, le maintien de la chirurgie conventionnelle, le rétablissement des soins intensifs de cardiologie, etc. ».
A Saint-Claude, les leitmotivs n’ont pas varié : « retour de la maternité, retour de la chirurgie, réouverture de lits, création d’un centre de santé pour la médecine de ville ». Enfin à Lons, tous les regards restent braqués vers : « la réouverture de la 2e ligne de SMUR, le maintien et le renforcement des unités de chirurgie, le maintien et le renforcement des urgences psychiatriques publiques ». Afin d’assurer une cohérence dans la politique de santé jurassienne, la CGT Jura, par la bouche de son secrétaire général Richard Dhivers, souhaite « un plan régional de santé. La crise du Covid a été révélatrice des carences qui existent depuis longtemps, on ne peut plus continuer comme ça. Il faut éviter que la carte verte (Vitale), ne soit pas remplacée par la carte bleue ».

En tête de cortège, du personnel hospitalier venu demander des comptes.