Grands mots… Grands remèdes…

Pique-nique et barbecue

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Gérard Bouvier.

Un air de liberté souffle sur nos têtes. Si la météo s’y met voilà que nous rêvons de pique-niques et barbecues.
On ne peut se cacher que ces mangeailles en famille ou entre amis portent des noms qui posent question même aux esprits les mieux tournés.
De grands peintres Manet en 1863, puis Monnet en 1865, ont illustré « le déjeuner sur l’herbe ». Ou si, comme souvent sur les ondes, vous êtes un gobeur d’« eu » : le dèjner sur l’herbe.
Manet fit scandale : son tableau montrait une femme nue au premier plan de ce pique-nique. Alanguie entre deux bellâtres. Et cette œuvre fut un temps intitulé : « la partie carrée ». Voilà qui met en appétit plus encore que la mayonnaise en tube et la mortadelle pistachée. Mais là n’est pas le fondement de la nique ni de la pique.
D’où nous vient ce pique-nique ? La nique serait depuis 1694 « une petite chose sans valeur ». Pensez-vous ! Ceux qui la pratiquent apprécieront…
Le pique-nique d’abord féminin en 1718 devient masculin sous la forme picnic en 1732. Il traverse la Manche avant de nous être restitué -enfin ! – en 1870 sous sa forme actuelle.
Le barbecue, apparu chez nous dans les années 50, nous vient du monde hispano-américain. Chez les arawaks, tribu amérindienne, on posait la barbaque sur des clefs en bois qu’on mettait au feu. Les anglais l’on introduit chez eux dès 1697 et il est tellement triste qu’il nous ait fallu tout ce temps pour en bénéficier enfin ! D’autant que ce retard n’est plus rattrapable.
Pour d’autres « barbecue » viendrait de ce que l’on embroche la bête depuis la barbe jusqu’à la queue. L’utilisation fréquente de chipolatas imberbe et de surcroit sans queue, contredit, sans vouloir chipoter, cette étymologie hâtive et dont on ne saurait dire si c’est du lard ou du cochon.