Grands mots… Grands remèdes…

Ouvrez ! Ouvrez, la cage aux oiseaux !

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Gérard Bouvier.

Ouf ! Enfin des élections ! On va pouvoir déconfiner notre vocabulaire. On va -enfin- pouvoir se voler dans les plumes en échangeant des noms d’oiseaux. Certaines prises de bec seront volatiles, mais beaucoup y laisseront des plumes.

Oublions la politique de l’autruche : il n’y a pas de place pour les poules mouillées dans ce monde de vautours et de rapaces. Il faudrait être une tête de linotte ou un perdreau de l’année pour l’oublier. Ou une grande bécasse !

Au libre-service de l’invective, au marché aux puces de l’insulte, voici les soldes où toutes les bécasses sont grandes et où les buses vont par trois. On disait que « d’une buse on ne saurait faire un épervier » signifiant qu’on ne saurait faire un faucon en partant d’un vrai. Ç’eut pourtant été chouette ! Le propos traduit l’amertume de fauconnier…

Je ne souhaite pas être oiseau de mauvais augure mais j’en fait le pari : même dans le Jura profond, ravitaillés par les corbeaux vous serez inondés bientôt de promesses de blancs-becs, de jeunes coqs, de vieux hiboux. De serments de canards boiteux bavards comme une pie et d’incantations de vieux piafs. Vous verrez des paons faire la roue pour séduire quelques groupies de sansonnet et des grives -faute de merles- faire le pied de grue en lorgnant votre bulletin.
Ne vous laissez pas éblouir par le miroir aux alouettes. Rarement le ramage se rapporte au plumage et le phénix des hôtes de ces bois ne renaît pas toujours de ses cendres.
Prenez votre temps : petit à petit l’oiseau fait son nid ! Gardez-vous d’être le dindon de la farce. Évitez le merle moqueur, le drôle de moineau et la pie voleuse !
Mais cherchez bien ! L’oiseau rare est dans la liste… et le petit oiseau va sortir !
Gai comme un pinson.