Grands mots… Grands remèdes…

Chinoiseries

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Gérard Bouvier.

Où est né ce moment si particulier de l’histoire de notre planète ?
Les experts internationaux continuent leurs enquêtes riches en rebondissements. On chicane, on ergote, on pinaille, on chinoise. Mais la polémique ne faiblit pas. Un virus chinois échappé d’un laboratoire ? Serions-nous la cible de plusieurs chinoiseries ? Car s’ajoutent les résidus carbonisés des fusées de l’Empire du Milieu lancées vers les astres ou les désastres et qui menacent sur nos têtes.

On nous dit que le confinement, la fin des sorties, des mondanités, des bises de tout poil et le port du masque ont « incité de nombreuses femmes à abandonner leur routine de beauté ».
Si l’industrie du rouge à lèvres est au plus bas c’est que désormais les populations rient jaune.

Mais d’où nous vient cette expression du « rire jaune » ?

On découvre la locution en 1640 chez Oudin dont un personnage « rit jaune comme farine ». Nous sommes loin de la Chine. L’expression n’a guère de sens aujourd’hui quand nos farines raffinées affichent un blanc immaculé. On pense que ce rire était jaune parce qu’il était planqué derrière une mascarade de farine et l’expression racontait qu’il était contraint et hypocrite. Qu’il nous roulait dans la farine !

Le jaune, dès qu’il cesse d’être doré, n’a pas toujours la cote.
Une mythologie née au Moyen-Âge a fait du jaune mat le symbole du soufre, de l’enfer, du mal, du malin et de la trahison. Judas était le plus souvent représenté vêtu d’un habit jaune. La sinistre étoile jaune en découle. Le passeport jaune suivait à jamais les forçats libérés. Et c’est aussi, dans la tradition, la couleur des amoureux trompés…

Ne chinoisons pas : le péril s’éloigne et la situation s’améliore. Nous allons pouvoir laisser le rire jaune dans le verre à dents.