Grands mots… Grands remèdes…

Nouveaux maux…

0
106
Gérard Bouvier.

Pierre Athanase Larousse est né en 1817, dans l’Yonne. Fils d’un forgeron et d’une aubergiste il publie le 27 décembre 1863 le premier fascicule de ce qui deviendra « le Larousse ». Il le propose à 75 F. Mais l’homme des lettres n’est pas l’homme des chiffres et en mai il annonce que le prix est porté à 80 F « parce qu’à 75 F on paye à peine le prix du papier ». Tout augmente… Dont acte.

Le Larousse est un succès d’édition et pour 2022 on nous annonce, comme chaque année une flopée, une caramillée, une trôlée, une camée -que dis-je ? – une ribambelle de mots nouveaux adaptés aux merveilles de notre époque. Mais pour nous régaler de leurs charmes immatures il nous faudra attendre la patine des années…

Ces mots nouveaux ruissellent dans le flot et le flop des actualités.
On trouve parmi ces 170 fins de portée : cluster, réa,
SARS-CoV-2 et Covid-19.
Des mots élégants… Excusez ! Je voulais dire smarts.
Confinement, déconfinement, déconfiture et reconfinement ont enrichi nos échanges et sont désormais très utiles. Le confinement à l’origine concernait les bagnards, puis on l’étendit aux réacteurs nucléaires qui fuient. Avant de faire une entrée discrète dans nos appartements et mode de vie.

Les garants de la langue française ont autorisé l’entrée dans le Larousse 2022 de click and collect, emoji, cluster… Et même batch-cooking dont j’ai lu la définition sans la comprendre. Je pense qu’il s’agit de se mettre dans la Manche une entente cordiale qui n’a plus la pêche.

En attendant des jours meilleurs, on nous ajoute : gel hydroalcoolique, nasopharyngé, quatorzaine, mocktail et coronapiste.

Ne boudons pas notre plaisir. Chaque mot nouveau est un bonbon pour la langue.

À condition, -morbleu ! – qu’on ne nous prive pas des anciens.