Grands mots… Grands remèdes…

Vérité de sérum

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Gérard Bouvier.

Je lis des articles sur la pandémie sans laquelle nos magazines fondraient comme peau de chagrin.
À défaut de précision scientifique, devenue rare, nos journalistes essayent de préserver le beau langage. Or, une écriture bien léchée doit éviter les redites.

Mais certains mots qui brillent de mille feux dans l’actualité n’ont pas de synonymes ! Ainsi le mot vaccin est irremplaçable. Mais on veut le remplacer ! Le hasard avisé des salles de rédaction a choisi le mot sérum. Si bien que l’on nous parle sans réserve du sérum d’AstraZeneca ou du sérum de Pfizer.
On pourrait penser que ça n’est pas grave et qu’il n’y a pas d’effet secondaire si l’on a la veine que ce sérum reste dans le journal. Mais ça n’est pas un sérum de vérité. Plutôt un cheveu sur cette soupe dont l’on nous gave chaque jour un peu plus.

S’agissant de la recette des gaufres on ne supporterait pas de lire : 300 g. de farine, un demi litre d’huile de vidange, un pet de fleur de nave et un verre de savon en paillettes. La formule choquerait. Pourtant elle évite indiscutablement de parler trop souvent du lait, du sel et du sucre. Mais vous avez raison : l’élégance du discours, dépouillé de redondance, ne devrait pas faire reculer sa précision.

Abandonnons le mot sérum. Le sérum c’est le sang débarrassé de ses cellules, les globules et plaquettes, et des protéines de la coagulation. C’est le liquide surnageant obtenu après coagulation et centrifugation du sang dans un tube sec. On est assez loin du vaccin à ARN messager…

Dans une publicité anti-âge le sérum anti-rides fait sourire mais c’est un domaine où la promotion du sourire est bienvenue. Dans un article souhaitant informer sur la vaccination l’erreur est plus douloureuse !