Grands mots… Grands remèdes…

A propos des poules

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Gérard Bouvier.

L’autre soir nous nous trouvions tous seuls les deux avec la Marie-Madeleine, une cancouanne avec qui je partage, quand le temps le permet, quelques chimères et élucubrations philosophiques à deux balles. Et aussi quelques billevesées.
Nous évoquions l’issue des débats qui, de nos jours, agitent les foules.

« Comme que comme, ça va encore être de tatouiller pour ne rien dire. On a facile de ravonner nous autres mais ça ne sert de rien. Ou alors quand les poules auront des dents mais dans le moment ça fera beau temps qu’on aura sauté les piques ».

Je ne partage pas cet avis mais j’ai laissé dire car il restait toute une caramillée de papillotes à se partager.

Cette expression « quand les poules auront des dents » est apparue à la fin du XVIIIème siècle. Une prophétie efficace qui vous cloue le bec et qui n’est pas près de se volatiliser ! Elle signifie « à la Saint-Glinglin » c’est-à-dire à la Toussaint puisque cette fête récapitule au premier novembre tous les saints carapatés du calendrier des postes Oberthur pour des raisons souvent mesquines et éparpillées.

Quant à sauter les piques, pour ceux qui ne seraient pas comtois de souche, c’est ni plus ni moins calencher.
On dit que le féroce baron des Adrets (1513-1587) surnommé l’«empaleur de Montbrison» (c’était bien avant «le bourreau de Béthune») fit précipiter ses prisonniers, du haut des donjons, sur les piques de ses soldats bien des mètres plus bas.
La surprise fut totale si bien que l’expression est entrée par une oreille et n’est plus jamais sortie par l’autre.