Grands mots… Grands remèdes….

Fait frisquet !

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Gérard Bouvier.

Bonjour Marie-Madeleine ! Vous en pensez quoi de ce temps ?

J’en pense qu’y fait un froid de canard. Je me caille les miches,et avec cette bise qu’avait à la Saint Valentin, ça me fait la chair de poule ! Heureusement y commence à faire jour tard…On va contre les beaux jours. C’est bien tant mieux passe que, moi, quand ça meule, j’peux plus arquer. C’est rien d’le dire !

Vous serez prudente si vous devez sortir !

Du sûr ! Hier, vers l’ancienne voie du tacot, j’en ai vu trois qui sont allés au tas. Les chemins sont pas faits. Pis faut dire : les gens vont bille en tête, à fond d’train ! Y en a qui cherchent !
C’est comme la Valentine. Elle se croit toujours. Résultat des courses elle est allée s’aboucher en voulant tirer droit, devant sa remise. Avec ses croquenots tout tripés de neige il a bien fallu qu’elle aille s’étiaffer dans la gnaffe. On l’a retrouvée cul par-dessus tête ! Elle aurait pu tout aussi bien s’enquiller dans un murger pis passer les piquets une bonne fois pour toutes.

Ne dramatisez pas Marie-Madeleine !

Je sais de quoi je cause. Ça s’est déjà vu ! Pas plus tard qu’en 54 quand y a eu l’hiver de l’abbé Pierre…
Alors la voilà t’y pas à pousser des beuglées à réveiller un mort. On l’entendait à l’autre bout comme quoi elle avait le fondement qu’était qu’une talure qui ressemblait plus à rien. C’est l’Fernand qui te l’a ramassée. Un brave homme toujours bien de service. Elle était toute carré-bossue. Notez qu’elle avait l’âge de faire un mort.
Ça s’est terminé que la Paulette lui a filé un p’tiot coup de r’jingot. De la prunelle qu’elle tient du Victor, mais faut pas l’dire. Juste une larmichette, il a dit, passe que ça vaut pas l’coup de s’mettre à la débine pour rien qu’une bonne taugnée sur son arrière-train. Même si, de d’zou, y avait une fichue gonfle !