Grands mots… Grands remèdes…

Travailleurs, travailleuses…

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Gérard Bouvier

 

Selon la Genèse Dieu créa l’homme à son image. Il n’y avait encore ni pavé ni vitrine.

Assez vite, il trouva équitable que l’homme ait une compagne. Il modela les animaux et les présenta à Adam qui ne trouva aucun d’eux à la hauteur du projet qu’il envisageait pour son couple. Pas même la girafe, pas même la zèbre. Et non plus l’ornithorynque qui pourtant était la seule mammifère à pondre des œufs. Il reconnaissait aux unes comme aux autres de grandes qualités. Tant esthétiques que morales.
Mais Adam espérait mieux…

Alors Dieu l’endormit et à partir d’une de ses côtes, il créa la femme.
Les ennuis commencèrent.
Ève était une compagne en tout point très réussie mais avoir été façonnée à partir d’une côte d’Adam conduisait, en toute logique, à introduire une sous-traitance. Et quelques millénaires plus tard c’est un salaire, pour ses descendantes, de 20% inférieur à travail égal.

À l’évidence l’origine côtière d’Ève conduisait à une décote.

Depuis la Genèse de l’eau a coulé dans le Doubs. Nous voici au moment de trouver un nom respectueux de la grammaire pour les professions féminines.
L’Académie y travaille avec ardeur malgré son grand âge.
Je passerais sur les chipotages et ergotages. Ils alimentent les gazettes. Mais si un jour on renonce à la fermeture des maternités il faudra des sages-femmes. Comment l’Académie va-t-elle qualifier les hommes sages-femmes ?
On nous propose maïeuticien. Ce mélange où l’on entend mayonnaise et mécanicien aura du mal à accoucher. Ou bien encore un sage-homme mais l’usage consacre plutôt « un homme sage » et dès lors ne devrait-il pas être plutôt académicien ?