Grands mots… Grands remèdes…

La chèvre et le chou

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Gérard Bouvier.

Quand la colère s’apaisera commencera le temps de la concertation et de la rabiboche.
Les ronds-points redeviendront ces terre-pleins décorés de mille façons pour distraire l’œil du conducteur là où il devrait redoubler d’attention dans ces endroits dangereux.

Il faudra trouver des solutions pour ne satisfaire ni les uns ni les autres. Preuve d’un équilibre acceptable. Ce sera le temps de la diplomatie. Il faudra ménager la chèvre et le chou.

Cette expression date du XIIIème siècle et nous vient d’un problème difficile qu’on proposait jadis aux enfants pour exercer leur sagacité.
Je veux faire traverser la rivière à une chèvre, un loup et un chou. Mais je ne peux les bagager tous ensemble car mon embarcation est bien trop exigüe. Je vais devoir faire plusieurs voyages avec des paires compatibles : la chèvre ne doit pas manger le chou ni le loup manger la chèvre. Comment faire ?

Je posais la question à mon petit-fils et il me répondit : « – Arrête de te prendre le chou papy, tu vas devenir chèvre, jamais personne ne transporte un loup dans une barque ! Pour quoi faire ? Et en plus ils se seront déjà mangés avant de partir… »
Espérons que quand viendra le temps de mettre fin aux débats et de satisfaire les intérêts contradictoires, les protagonistes auront autant de lucidité.

Les Grecs disent qu’il est bien difficile d’avoir la tarte intacte et le chien rassasié. En Espagne on conseille de brûler un cierge à Dieu et un autre au Diable. Chez nous, les anciens renoncent à couper les cheveux en quatre pour plutôt couper la poire en deux.

Ménager la chèvre et le chou… Ça n’est pas gagné !