Grands mots… Grands remèdes…

Le tube de l’été

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À Marseillan-Plage, en juillet 1957, les transistors, dont c’étaient les débuts, crachotaient en boucle la mélodie de Bambino. « Je sais bien que tu l’adores Bambino ! Bambino ! Et qu’elle a des jolis yeux… Mais tu es trop jeune encore pour jouer les amoureux ! »
Je ne le conteste pas. J’avais 10 ans. Elle s’appelait Annie…

C’était aussi le début des tubes de l’été. Une révélation qui allait accompagner des générations d’estivants assoiffés de vacances. Et devenir bientôt une institution.

Aujourd’hui nous fredonnons avec nostalgie : Ma première surprise partie, J’entends sifflet le train, La plus belle pour aller danser, L’Amérique, Les mots bleus, Il jouait du piano debout, Elle a les yeux révolvers, Joe le taxi… et tant d’autres que j’oublie parce qu’elles sont plus récentes.

Les plus frais et dispos, les moins arthritiques, les plus extravertis s’adonnaient sans retenue à la Lambada ou à la Macarena.

Discrètement et en regardant ailleurs le tube de l’été est entré dans l’histoire de chacun d’entre nous. Il est un marqueur de notre génération, un repère de nos premières fois, une balise de notre vie amoureuse.

Si l’on osait décortiquer ces tubes on y trouverait bien plus que des prénoms. On y trouverait des rêves brisés, de belles histoires qui durent encore et qui ont fait souche. Des occasions ratées et des brouillons fanés. On y trouverait notre aventure en quelques notes.

Pour la génération 2020, le tube de l’été sera ce tube en plastique dans lequel on introduit un écouvillon après nous l’avoir mis bien profond dans les naseaux.

Décidément le coronavirus aura mis à mal bien des traditions.