Grands mots… Grands remèdes…

BD

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Des personnages de BD ont accompagné notre jeunesse. Les retrouver sur les vide-greniers nous immobilise et nous les feuilletons, le regard attendri.
Quel bonheur de retrouver l’Espiègle Lili, Aggie, Suzette, Moustache et Trottinette… Zig et Puce… Tintin et Milou ! Et chez nous la Famille Fenouillard, le Sapeur Camember et le Savant Cosinus nés de l’imagination de Christophe, notre Comtois de Lure. Certains sont passés à la postérité et sont devenus des adjectifs : une bécassine ! un picsou !

Aujourd’hui on entend que nos plus savants professeurs de Médecine sont devenus des Pieds Nickelés. Au début ils étaient trois (au Lancet) mais par de prompts renforts ce sont des pans entiers des plus grandes références mondiales en Santé qui les rejoignent. Bibi Fricotin va rester bien seul.

Les Pieds Nickelés ne sont pas nés des avatars de l’hydroxychloroquine.
Au début du XXème siècle, Forton a popularisé ces bandits sympathiques et chanceux. Des roublards astucieux qui mettent à mal l’obstination moralisatrice de la maréchaussée.
Mais d’où nous vient leur nom étrange ?

Dans le Parler Dolois (de Dol de Bretagne) on nous dit qu’un pied aniclé est un pied rabougri parce que son noyau (nucléus) est absent. Ça contrarie la marche et pendant la guerre de 14 on traitait de pieds niclés ceux qui les traînaient pour monter au front.
L’engouement parisien pour la technologie est venu mettre son grain de sel en créant la confusion avec le nickel, métal plus prestigieux que le pied breton.
Et c’est ainsi qu’à Marseille on appelle maintenant les détracteurs du Dr Raoult des Pieds Nickelés.
Parfois les expressions voyagent en seconde classe.