Grands mots… Grands remèdes…

Manifestations : de la République à l’Opéra

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Gérard Bouvier.

De manus la main et festus le fête. Une manifestation serait donc une sorte de réjouissance par la main. Mais pas du tout ! Si vous souhaitez des lectures grivoises voyez plutôt du côté de la presse people. Ici c’est Hebdo 39, un journal de haute tenue.

Naturellement la vérité est toute autre.
Le premier emploi dans notre langue du mot manifestation date de 1200 et vient du latin d’Église « manifestatio » qui exprime la révélation, l’apparition du Christ.
Aujourd’hui ce sont plutôt Philippe Martinez et Jean-Luc Mélenchon qui ont endossé l’habit. Mais on savait déjà qu’il ne faisait pas le moine. Ni l’un, ni l’autre.
C’est le pape Grégoire IX qui a dénoncé, dans les années 1230, par cette formule lapidaire les moines de son époque dont certains -souvenez-vous !- n’étaient guère à la hauteur de nos attentes.

C’est seulement depuis 1749 que le sens laïc de la manifestation s’est enfin manifesté.
Nos manifestations tiennent aujourd’hui le haut du pavé et seul un confinement peut les freiner pour mieux les faire renaitre ensuite.

Dans « le monde d’après », c’est promis : il y aura des manifestations tous les week-end et jours fériés. Il faudra être attentifs car tout va si vite que si vous ratez un BFM-TV vous ne comprendrez pas que la police soit aujourd’hui dans le camp des manifestants quand elle était hier, dans le camp des manifestés.

Quand cette effervescence cessera-t-elle ?

Je vous le dis : un jour viendra où le petit commerce ruiné par cette agitation sans fin devant sa porte organisera une manifestation monstre pour revendiquer l’interdiction des manifestations.

On aura perdu beaucoup.