Grands mots… Grands remèdes…

Un court instant de plomberie à l’usage des furieux

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Gérard Bouvier

Le monde est fou.
Les psychiatres sont trop rares, ravagés par le numerus qui fut bien trop longtemps clausus. Ils disparaissent plus vite encore que les abeilles. Certes les psychiatres n’ont pas vocation à butiner les fleurs printanières, ce serait pure folie, et quand bien même ils le souhaiteraient leurs emplois du temps démentiels et burn-outés ne le permettraient pas.

Cette défaillance du système autorise, plus qu’avant, tout un chacun à péter les plombs à sa guise quand bon lui semble en catimini ou au grand jour. BFMTV ou pas.

Il fut un temps où l’accusation d’avoir pété les plombs conduisait à un châtiment sévère ou à une Hospitalisation en milieu fermé à la Demande d’un Tiers.

Mais les temps changent et notre société évolue.
Aujourd’hui péter les plombs a valeur d’alibi. Pour peu que l’échappatoire soit assortie de regrets, dont une liste est fournie sur simple demande auprès de son avocat, et voilà qui conduit le péteur vers la mansuétude de tout un peuple et de ses juges.
Il suffit de le dire avec aplomb.
Pour ceux qui n’ont pas assez de plomb dans la tête pour finalement les péter il existe un plan B : ils peuvent tout bonnement péter un câble ou une durite ou même un fusible ou encore un boulon, matériaux qu’on trouve dans tous les magasins de bricolage. Pour peu qu’ils soient correctement achalandés.

A défaut, on peut aussi monter dans les tours, en pédalant dans la choucroute, et ensuite partir en eau de boudin. Cependant : attention la marche ! Cette croisière comporte des risques…
Je pourrais en dire plus mais je ne souhaite pas plomber l’ambiance.