Grands mots… Grands remèdes…

Le corona n’est pas la grippe

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Gérard Bouvier.

En ces temps où beaucoup souhaitent devenir calife à la place du calife, je révise l’histoire du vizir Sissa ben Dahir.
C’était en Inde il y a 5000 ans. Environ.
Le roi Shirham s’ennuyait à cent sous l’heure. Il ne fut distrait que quand le grand vizir lui proposa le jeu d’échec qu’il venait de créer de toutes pièces : tour, cavalier, fou et reine aussi. Le roi dans sa tour était fou de joie. Il demanda à son vizir quelle récompense il souhaitait.
Le vizir allait damer le pion au roi… Il proposa de poser un grain de riz sur la première case du jeu, deux sur la seconde, quatre sur la troisième, huit sur la suivante. Puis seize et ainsi de suite sur les 64 cases. Le roi était déçu. Il imaginait un plus royal cadeau. Il pensa « I am sorry, my vizir is no good ». Car il parlait un bel anglais depuis son stage de remise à niveau à Oxford. Pour autant il ne se pendit pas mais il s’exécuta.
Il dut recevoir en urgence et sans rendez-vous son Ministre des Finances : « Votre Majesté est bien culottée : la voilà ruinée ! Sur la seule soixante-quatrième case il faudra 9 223 372 036 854 775 808 grains de riz, imaginez si l’on additionne toutes les cases ! ».
Le Roi en restait sur son Royal Cul. Le Ministre insistait… « C’est comme le coronavirus, Sire ! La grippe se transmet en moyenne à 1,1 membre de l’entourage. Au bout de 10 générations de transmissions il y a 18 grippés. Le coronavirus se transmet à 2,5 contacts. C’est pour ça qu’au bout de 10 générations de transmissions il y a 15 893 de vos sujets atteints ».
« Je suis dans la merde songea sobrement le roi. Il y a un blème et lui-même ne l’était pas moins. Il ajouta en postillonnant : décidément le corona n’est pas la grippe ! ».
C’était il y a 5 000 ans, bien avant les réseaux sociaux.