Grands mots… Grands remèdes…

L’impossible loi

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Pour un médecin fixer la durée d’un arrêt de travail est bien délicat.
Untel qui ne tient plus debout refuse quatre jours d’arrêt parce qu’
« il n’est pas question qu’il perde sa prime d’assiduité ». Tel autre exige quinze jours pour « faire les pieds à sa cheffe » qui lui a fait une remarque désagréable.

La perte d’un enfant est la pire souffrance qui soit.

Quel congé proposer ? Avec humanité et pour le privé comme pour les fonctionnaires. Et aussi pour le décès d’un enfant d’artisan.

Mesdames-messieurs ! J’ai ici pour la perte d’un enfant : cinq jours financés par les entreprises. Qui dit mieux ? Cinq jours une fois… La dame au fond… dix jours financés par la Sécu ! (Murmures et applaudissements…) Dix jours une fois… dix jours deux fois… Ce député propose quinze jours… (La moitié de l’hémicycle est debout et applaudit fougueusement. On entend : « Émile t’es le meilleur ! ». L’autre quart-cycle, blême, mesure qu’il vient de rater une belle occas’ de se refaire la cerise). Quinze jours, une fois… Pour un enfant décédé quinze jours, deux fois… Quinze jours trois fois ! Adjugé !

Nous avons cru vivre ce cauchemar à la Chambre.
Une belle retenue nous a évité le pire :

Comment ? Combien pour deux enfants décédés ? Vous voulez dire le coronavirus ? Ah ! Un accident de voiture ? Je ne sais pas…on pourrait dire quinze jours, plus sept jours et demi pour le deuxième… Je ne sais pas moi… Déposez un amendement !

Ou sinon.
Le médecin dans le colloque singulier avec le patient convient de la durée du congé. Arrivé à son terme il le rencontre à nouveau et réévalue la date de la reprise.
Mais ça c’est comme avant…