Grands mots… Grands remèdes…

Échauffourée

73

Cette rubrique parait le lundi quand journaux, gazettes et flashes info relatent les faits marquants du week-end. Nous n’échapperons pas au récit de quelques échauffourées. C’est désormais la compétition dominicale et la rencontre obligée entre qui veut faire évoluer la loi avec ses munitions et qui veut la faire respecter avec ses projectiles.

Nos enfants s’en inspirent et jouent désormais aux « gilets jaunes » à l’école primaire. Comme jadis nous jouions au « ballon prisonnier » ou « aux gendarmes et aux voleurs ».
À cet âge on apprend vite.

Certains entendront : « lait chaud fourré », « lèche aux fourrées » ou « les chauds fourrés ».
Mais l’Académie nous dit dès 1797 que l’échauffourée est un « emportement de colère ».

L’image viendrait du travail du chaufournier qui, à l’époque, fourrait un fagot dans l’âtre et éparpillait son embrasement avant d’enchainer par un nouveau fagot. De chaufour et de fourrer naquit en désordre, parmi les flambées et les braises, l’échauffourée.

Nous autres comtois avions en ces temps-là les picorées, razzias en territoire ennemi, pour étriper, biller ou simplement rançonner. Les cuanais et les gris s’en donnèrent à cœur joie et quelques hécatombes aussi.
Car si le comtois est réputé pour son calme il peut lui arriver en cas de besoin de bourriauder et même de beugner avec de bonnes plamusses celui qui l’aurait bien mérité.
C’est que, quand on nous a mis en patarouf, au lieu de ravonner tout un compte de temps, une bonne tognée, une triquée bien à point, une dinguée et quelques rossementons nous apportent un réel soulagement.