Grands mots… Grands remèdes…

Il est interdit de fesser les fesses !

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Je le confesse je vous ai habitué à un langage plus policé. « Fesser les fesses » semble redondant. Pourtant, si la fessée est désormais condamnée par nos deux assemblées « fesser les fesses » reste parfaitement autorisé par la grammaire.

C’est une des fantaisies de notre langue ! Le verbe fesser n’a aucun rapport avec les fesses bien qu’elles sautent aux yeux. Fesser vient du vieux français faisse qui désigne une bande, une lanière, du latin fascia de même sens et qui a donné aussi faisceau. Fesser signifiait donc, depuis 1489, frapper les fesses avec des verges !

Avouez que, pris entre les fesses et les verges, il faut garder la tête froide pour ne pas sombrer dans les clichés sadomasochistes et la vulgarité. Mais je sais contourner ces écueils bien trop culottés.

Fesse s’écrit avec un esse au pluriel car il s’agit en fait de deux moitiés d’organe musculeux accolées qui marchent de concert en se regardant bêtement de travers comme si elles se faisaient la gueule alors que pas du tout. Fesse découle, vers 1200, du latin populaire fissa, issu de fissum : la fente, lui-même venant de fendere qui signifie fendre.

On ne saurait être plus précis.

La Marie-Madeleine a mal vécu l’interdiction de la fessée du 2 juillet 2019.
« Si c’est pas malheureux ! Alors autant dire que si un bessot ou une boubotte vous fait une vaillance à sa façon, ou même une truerie, y aura plus moyen d’y flanquer une bonne triquée ! Mais qu’est-ce don qu’on va d’venir si on peut plus leur mettre une taugnée. Moi si j’en ai pris des avoinées pis des piamusses. Et bin c’est pas pour autant que j’ai passé les piquets de dzou ! Pauvre France ! »