Grands mots… Grands remèdes…

Vite lu

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Avez-vous observé comme nous sommes sensibles aux charmes discrets de nos mots de tous les jours ? On n’y prête pas toujours attention mais trouver le mot approprié et harmonieux est jubilatoire alors que perdre le mot juste ou l’avoir perché sur le bout de la langue nous horripile et nous attriste.

C’est surtout par l’élégance de sa terminaison qu’un mot nous fascine et nous séduit. Le jeu sensuel mais démodé qui consiste à habiller les finales des mots de « poil au… » avec finesse et justesse bien que malsain m’en a convaincu.

Chacun a ses préférences. Pour moi c’est la terminaison en -lu qui embobeline mes états d’âme.

Lulu, toi mon élue je te salue !
Toi la goulue, la joufflue, la poilue.
Pourquoi a-t-il fallu que tant me plut ?
Si j’ai bien lu tu me dévalues :
Je serais un farfelu, un hurluberlu…
T’ai-je donc tant déplu ?
Tu as conclu que j’étais superflu et m’as exclu.
Moi l’exclu je vous salue.
Mon temps est révolu,
Puisque c’est vous qu’elle a voulu Lulu,
C’est résolu : c’est vous l’élu.

Tous ces mots en -lu sont une vraie misère en pauvre France. Nous autres comtois sommes tellement mieux achalandés.

Nous avons le boillu qui boit beaucoup trop, le gaillu qui est un coureur de jupons. Et le niolu qui est un niais. Voire même un gros niais s’il est aussi un boellu bien ventru. Méfiez-vous d’un grelu, c’est un personnage médiocre surtout s’il fait son fierraillu.

Je ne me fais guère d’illusion : je raconte, je radote… Je sais, je suis un riolu.