Grands mots… Grands remèdes…

Mal de maires ?

148

On me dit qu’après le naufrage de leur parti « les rats quittent le navire ». Purge, saignée, et escampette sont l’itinéraire fléché de bien des vaincus après chaque scrutin.

Mais comparer cet enfuiement hygiénique et riche de promesses à la débandade désespérée des petits rongeurs à longue queue devant un danger imminent manque de respect pour la cause animale. Ce serait même un tantinet taquin si le tantinet avait encore cours en politique.

L’expression « les rats quittent le navire » raconte avec brutalité le dégagisme autoprescrit de certains élus, de bâbord comme de tribord, qui oublient en cale sèche les électeurs qui leur ont accordé leur confiance.

Mais attention le prochain navire adopté à l’unanimité de soi-même peut s’avérer, un tour de scrutin plus avant, une bien frêle embarcation d’où l’on risque à tout moment d’être débarqué !

Comme ne le disaient ni Confucius ni San Antonio (ils auraient pu le dire si une mort prématurée ne les avaient arrachés de notre affection) : « En eaux troubles pour ne pas rester en rade, il faut vriller de la queue et de la nageoire pour ne pas perdre de vue sa mangeoire ».

Quand la foule se défoule, cette grande folle nous affole d’une houle ressentie peu ou prou de la poupe à la proue. Et il faut avoir le cœur bien accroché ! C’est pourquoi chez les Grecs, grands navigateurs et promoteurs de la démocratie, nausia était le mal de mer, venu de naus, le bateau, ce qui nous a donné : la nausée. Il nous arrive d’en souffrir encore…

On voit que ça n’est pas d’hier qu’il est compliqué de mener sa barque. Et d’éviter les naufrages quand manquent les suffrages.