Grands mots… Grands remèdes…

Joli mois de Mai

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Dans le défilé des douze mois, mai apparait comme le mois des douze défilés. Défilé pour le climat, défilé pour la CGT et de très nombreux autres syndicats (le double selon les organisateurs, la moitié selon la Préfecture). Et aussi défilé des gilets jaunes, des urgentistes ou pour commémorer l’Armistice du 8 mai… Sans parler de la longue procession de tous ceux qui se défilent.

« Joli mois de mai quand reviendras-tu ? » nous demande la chanson du XVème siècle. C’est bien la preuve que l’incertitude pour des lendemains qui chantent ne date pas d’hier.

En Comté nous avions jadis la « plantation des mais ». Coutume charmante qui consistait, le premier mai, à planter un jeune arbrisseau de belle tenue, fraîchement coupé, devant la maison des fonctionnaires, des officiers municipaux ou des pompiers. On souhaitait ainsi les honorer à hauteur de leurs mérites et services rendus.

Bien vite, les amoureux, jamais en reste d’un zeste de gestes lestes, prirent l’habitude d’aller planter le mai au plus haut du toit de la demeure de leur bien aimée dans la nuit et la discrétion. Le plus haut possible pour que l’hommage soit visible jusqu’à perte de vue et bien au-delà par temps clair.

On a connu des gaillus qui vous auraient bien planté une forêt entière sur le village pour décupler leurs chances d’entriôler la gachotte. Et pour tabouler dans l’urgence !

Ces coquineries et canailleries n’ont plus cours. Mais si vous le souhaitez il ne tient qu’à vous que la coutume renaisse.

Je vous demande juste de ne pas dire que c’est moi qui vous y invite.