Grands mots… Grands remèdes…

Tout un fromage...

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Gérard Bouvier.

On sait depuis Platon que la musique adoucit les mœurs. Ce grand philosophe grec disait : « Si la musique est la partie maîtresse de l’éducation, c’est parce que le rythme et l’harmonie sont particulièrement propres à pénétrer dans l’âme et à la toucher fortement… »

Pénétrer dans l’âme, oui ! Mais pénétrer dans le fromage, c’est une autre paire de manches !

Et pourtant nos voisins Suisses viennent de publier les résultats d’une étrange expérience. L’arôme d’un fromage serait exalté par la musique dont on l’entoure pour peu qu’il ne fasse pas la sourde oreille comme on en voit tant.

Et l’on nous montre des chanteurs de Yodle s’époumonant devant un Emmenthal géant à Berthoud dans l’ouest de la Suisse. Le fromage écoute ou du moins il fait croire avec un stoïcisme qui tire sur l’ankylose tandis qu’in petto, au cœur de la meule, sa saveur s’affine et se bonifie crescendo ma non troppo. On crierait au miracle si l’idée n’était suisse.

Chambouler des saveurs florales en saveurs chorales et façonner en musique nos fromages d’exception, voilà un grand pas pour l’humanité toute entière et pour ses sous-traitants fromagers jurassiens.

Nous sommes au début de l’aventure. Un jour l’histoire nous dira qui l’emporte du « Casse-Noisette » de Tchaïkovski aux arômes de noix ou « Du temps des cerises » de Clément et Renard aux parfums fruités. Pour ce dernier titre il nous faudra aussi tester la version Yves Montand versus la version Nana Mouskouri.

Je préfère cette dernière interprétation mais qu’on se rassure je ne me prends pas pour un fromage.