Grands mots… Grands remèdes…

Responsabilité

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Gérard Bouvier.

Comme bien souvent un ministre vient de faire appel à la responsabilité de chacune et de chacun et je fonds en larmes devant un tel sens du devoir qui me touche jusqu’à l’os. En voilà un qui n’hésite pas à se retrousser les manches, à mettre les mains dans le cambouis, à baisser la tête pour avoir l’air d’un coureur et à lancer -enfin, et quoi qu’il en coûte- cet appel à la responsabilité de chacun qui seul peut nous sauver des affres dans lequel le pays se débat. Certains trouveront que c’est un peu tard mais ne mégottons pas : personnellement j’apprécie d’être sauvé à toute heure du jour et même, s’il le faut, pendant mon sommeil.

L’appel à la responsabilité de chacun est une ressource, un kit de survie, bien trop peu utilisé. Adressé aux fumeurs, il permet à peu de frais de sauver des hectares de forêt. Dirigé vers les hommes violents il provoque l’arrêt quasi immédiat des féminicides et neutralise les serial-killers. Les antivax seront bientôt, grâce à ces appels, deux fois vaccinés. Et les chauffards responsabilisés ne feront plus de morts sur nos routes.

Nous ressentons si souvent l’impression que nos gouvernants nous infantilisent ! Pour une fois qu’ils ont le courage de nous traiter en adultes responsables on ne peut qu’applaudir des deux mains. Et même des deux pieds pour les marcheurs banderolés du samedi. D’autant que cet appel bénéficie d’un bilan carbone favorable ce qui par les temps qui courent (en tous sens, il faut bien le dire) est un bonus décisif.

Je vous invite la prochaine fois que vous entendrez un dirigeant inspiré faire appel à notre responsabilité à lui réserver le meilleur accueil et à mettre au frais un bulletin de vote à son nom. Car s’il se défonce à mort en prononçant un appel si pertinent c’est bien pour que nous tous profitions aussitôt des bienfaits formidables et irréversibles qui en découlent.

D’avance merci.