Grand débat : beaucoup de questions…

La communauté de communes Champagnole (CCCNJ) a organisé le 11 mars à Champagnole un Grand débat auquel ont participé plus de 350 citoyens venus parfois de loin. Une occasion unique de s’exprimer, puisque cette manifestation a été une des seules du secteur.

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L'Oppidum s'est transformé en agora citoyenne où chacun a pu s'exprimer.

La communauté de communes Champagnole (CCCNJ) a organisé le 11 mars un Grand débat auquel ont participé plus de 350 citoyens venus parfois de loin. Une occasion de s’exprimer. Durant près de 2h30 dans un Oppidum bien rempli les questions ont fusé sur les 2 thèmes retenus : la fiscalité et les dépenses publiques et l’organisation de l’état et des services publics. Clément Pernot, président de la CCCNJ avait invité Jérôme Linda, porte-parole des gilets jaunes champagnolais à introduire le débat. Morceaux choisis…

Le constat des gilets jaunes

Jérôme Linda : « Après 4 mois de revendications, la situation a très peu évolué, il suffit de regarder les panneaux des stations-services pour le constater. Le prix des carburants est à nouveau en hausse. Le pouvoir d’achat n’a eu droit qu’à des mesurettes sans aucune considération pour les travailleurs, les retraités et tous les autres ».

Services publics

Laurent L. (Champagnole) : « Dans les hôpitaux, ce qu’on veut c’est être le mieux soigné possible. Pour un doigt cassé, je suis allé aux urgences (de Champagnole N.D.L.R.) où je n’ai vu personne pour un diagnostic qui s’est fait au moyen d’un smartphone, à distance, et sans auscultation. Au bout de 15 jours il a fallu rattraper l’erreur, ce qui a coûté encore plus cher ».
Mr. Jacky B. (Lent) : « J’assiste avec tristesse à la mort des services publics qu’on a programmée. On a besoin de policiers, d’enseignants, de médecins, d’infirmières, de cheminots, de chercheurs, etc ; et tout ça a un coût. On affaiblit de plus en plus ces services qui sont notre « oxygène » quotidien ».

Education

Maeva D. (Le Vaudioux). « J’ai 16 ans, je suis lycéenne, au lycée Paul Emile Victor. Pour les réformes des lycées, on va leur demander à 15 ans aux futurs lycéens de savoir ce qu’ils veulent faire pendant toute leur vie. Ils doivent choisir dès la seconde leurs spécialités. En outre, comme des filières sont supprimées, certains devront partir plus tôt, dans un autre établissement, pour faire les études de leur choix, ce qui a un coût pour les parents ».

Clément Pernot (au micro) a appelé à une réflexion sur la “6e République”.

Etat et VIe République

François-Xavier M. (Cize) : « Il y a une assemblée qui sert à pas grand-chose : le Comité Economique et Social (CESE). Son rôle est de donner des avis à des conseillers. Or l’ensemble du corps politique, que ce soient les présidents ou les ministres, ont déjà des conseillers. Il serait nécessaire et impératif d’assurer des audits pour tout ce qui dépend des subsides de l’Etat. Avant de supprimer des écoles, des hôpitaux, des maternités, de sorte que des femmes de Bois-d’Amont vont accoucher à Lons le Saunier au mois de février, il faudrait plutôt balayer devant sa porte ».
Jérôme Linda : « l’Etat vit au-dessus de ses moyens. Sa gestion est catastrophique. Comme exemple, il rémunère chaque mois 125 à 130 préfets sans préfecture. La Cour des Comptes, organisme de contrôle des comptes de l’Etat, relève des points litigieux mais aucune mesure n’est ensuite mise en application ».
Jacques G. (Nozeroy) : » Le département du Jura ne devrait pas avoir les mêmes « règles » et le même fonctionnement que le département de Seine St Denis par exemple. Il n’y a pas le même nombre d’habitants et nous ne devrions pas fonctionner de la même façon ».
Clément Pernot : « Vous avez une réflexion très intéressante, mais pour que votre proposition  soit réalisable il vous faut appeler de vos voeux la sixième république, qui devra être construite pour que la loi ne soit pas obligatoirement la même dans tout le pays. Ce qui n’est pas possible sous la cinquième …”

Clément Pernot a conclu ainsi les débats : « Nous allons transmettre un compte rendu mot à mot de ce qui s’est dit ici. Après ce n’est pas de ma compétence de savoir ce qu’il en adviendra. Moi, ce qui m’intéresse ce n’est pas ce qui remonte à Paris, mais ce que vous dites ce soir ».