Gilles Garnier, l’effroyable loup-garou d’Amange

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Représentation d’un lycanthrope tuant une femme (XIXe siècle).

Située à quelques kilomètres de Dole, la commune d’Amange jouit actuellement d’une remarquable quiétude. Mais tel ne fut pas toujours le cas. En effet, au XVIe siècle, un individu commit plusieurs meurtres près de ce village. Plus étonnant encore, celui-ci se prenait pour un loup-garou ! Retour sur l’histoire de Gilles Garnier. Un bien mystérieux personnage…

Crimes et abominations faites par l’ermite de Saint-Bonnot

Originaire de Lyon, Gilles Garnier souhaitait s’isoler du monde. Il choisit alors de s’installer dans le massif de la Serre. Confronté à une période de famine qui faisait de conséquents ravages, Gilles Garnier partit à la chasse.

Au début de la décennie 1570, ce dernier tua atrocement une jeune fille de 10-12 ans à Châtenois. Il l’étrangla avant de lui retirer ses vêtements et dévorer plusieurs parties de son corps. Il déchiqueta ensuite de la chair pour l’apporter à Apolline, sa femme, qui l’attendait dans leur bâtisse, à l’ermitage Saint-Bonnot. Quelques jours plus tard, Gilles Garnier récidiva en attaquant une autre jeune fille à proximité d’Authume mais fut finalement interrompu dans son macabre dessein par des passants. Loupé ! Quelque temps après, entre Gredisans et Menotey, le loup-garou ôta la vie à un garçon de 10 ans. Ayant une faim de loup, le carnassier cannibale engloutit les cuisses et une partie du ventre de sa proie.

Un soir, un groupe d’hommes vit Gilles Garnier. Il venait fraîchement d’étrangler un enfant mais abandonna ce dernier dans sa fuite. Les témoins étaient formels, c’était Gilles Garnier. Face à ces horreurs, les autorités du comté de Bourgogne tentèrent d’appréhender le fauteur de troubles. Il fut alors connu comme le loup blanc et la traque s’organisa véritablement.

Condamnation par le parlement de Dole

Arrêté dans un court laps de temps, il fut jugé et condamné par le parlement de Dole. Il expliqua, durant son procès, qu’il essayait de trouver de la nourriture lorsqu’un spectre qui avait une forme humaine lui offrit une pommade, substance pouvant le métamorphoser en un loup, un lion ou un léopard. Se jetant dans la gueule du loup, Garnier opta alors pour la première proposition.

Il fut brûlé vif après avoir reconnu avoir tué au moins quatre enfants, tous âgés d’une dizaine d’années. Dans l’imaginaire collectif de l’époque, ce dernier avait pactisé avec le Diable, ce qui justifiait cette macabre exécution. Malgré cela, après le décès de Garnier, certains affirmaient avoir subit d’autres attaques de loups…

Le loup-garou, on y tient énormément !

A la fin du XXe siècle, un chantier international, afin de dégager et nettoyer les vestiges de la demeure de Garnier, vit le jour. Comme l’expliqua l’archéologue Luc Jacottey en juillet 1998 à nos confrères du Progrès, « Il semble acquis que Gilles Garnier et sa femme vivaient là », dans l’ermitage Saint-Bonnot.

Certaines années, et ce depuis 1997, une fête du loup-garou est organisée à Amange.

Toutefois, « Il n’y aura pas de fête du loup-garou en 2019, ceci étant très lourd à porter » souligne la secrétaire du foyer rural de la localité. Ajoutant : « Le loup-garou, on y tient énormément, c’est l’histoire locale, notre patrimoine »

Et cette dernière d’observer que « Gilles Garnier n’était peut-être pas un loup-garou mais un marginal ». Le doute est alors semé… bouc émissaire ou véritable bête ?

Pour les plus téméraires, le sentier dit du loup-garou vous permettra, seul ou en meute, de marcher sur les traces d’un des lycanthropes les plus connus de France.

AS