Gare SNCF : pour une accessibilité totale

Un an de travaux sont prévus pour faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite, mais aussi aux poussettes, aux seniors, et aux voyageurs portant de lourds bagages.

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Jacques Pélissard, maire de Lons-Le-Saunier (au micro), a donné le coup d'envoi d'un an de travaux.

C’était un chantier attendu par les personnes à mobilité réduite (PMR) : depuis le 19 avril et pour une durée d’un an, de gros travaux se dérouleront dans la gare SNCF de Lons. Afin d’assurer un maillage territorial des gares accessibles aux PMR, la gare de Lons-Le-Saunier est inscrite comme gare prioritaire dans le Schéma National d’Accessibilité Programmée du 29 août 2016. Ceci afin de « mettre en œuvre un droit fondamental et permettre l’égalité entre tous, quel que soit son handicap » a déclaré Jérôme Grand, directeur régional de la SNCF Réseau. Qui peut le plus, peut le moins : Richard Vignon, préfet du Jura, a précisé que ces bénéfices s’appliqueraient aussi aux « seniors, aux familles avec des poussettes, aux voyageurs portant des bagages ». Pour ces derniers, l’avancée majeure résidera dans un accès direct aux quais depuis le parvis placé devant la gare. Un parvis qui selon Jacques Pélissard, maire de Lons-Le-Saunier, s’aggrandira sur l’emprise du Mac Donald’s (en cours de reconstruction 100 mètres plus loin), et deviendra un vrai pôle d’échanges multimodal, permettant la connexion avec bus et modes de transports doux. Encore faut-il qu’il n’y ait pas d’embouteillages à la sortie de la gare, sinon « ça ne marchera pas » a souligné Michel Neugnot, vice-président de la région Bourgogne Franche-Comté en charge des transports.

Une « forte inquiétude » concernant les dessertes

Et surtout que les « trains continuent à bien circuler pour desservir les habitants » a lancé Jacques Pélissard. Lors de la cérémonie d’inauguration qui a eu lieu le 19 avril en présence de nombreux élus locaux, chacun avait en effet en tête la suppression du TGV Strasbourg-Marseille pour cause de travaux en gare de Lyon Part-Dieu. Michel Neugnot s’est une fois de plus engagé sur ce sujet : « Nous luttons pour que ce TGV revienne »  en décembre, précisant que les « sillons » ferroviaires sont planifiés par la SNCF 2 à 3 ans à l’avance.  Richard Vignon a lui aussi fait part de la « forte inquiétude parmi la population » à propos de la suppression éventuelle de dessertes. Un sujet ô combien sensible pour l’APVFJ (Association pour la promotion des voies ferrées jurassiennes). Son vice-président René Dutruelle s’est dit « satisfait des travaux de mise en accessibilité », mais a pointé du doigt les « trous » existants selon lui dans les horaires entre midi et deux. Après vérification au guichet de la SNCF, 7 trains partent tous les jours de Lons pour Lyon Part-Dieu (de 7h59 à 21 h02), mais le changement à Bourg en Bresse (55 minutes d’attente) discrédite certains trains en milieu de journée (idem pour le retour). La gare SNCF de Lons recense tout de même 28 arrêts par jour. Pour l’APVFJ, la pilule ne passe toujours pas au sujet des deux « évitements » prévus sur la ligne, pour permettre à deux trains de se croiser (chose impossible à l’heure actuelle sur cette voie unique). « 31 millions € étaient prévus » a rappelé René Dutruelle, des millions qui selon lui ont « disparu »…

4,4 millions € de travaux

Cette grande opération représente un budget de 4,4 millions €, financés par l’État (3,3 millions, soit 75 %) et la Région Bourgogne-Franche-Comté (1,1 million, soit 25 %). Le chantier consistera à : remettre à niveau la voie; rehausser le quai 2 (le plus éloigné de la gare) pour un accès de plain-pied au train; installer 650 mètres de dalles béton podotactiles; mettre aux normes pour les personnes à mobilité réduite les quais 1 et 2, le souterrain, les escaliers, l’éclairage et la signalétique; réaliser l’enrobé des quais; installer un ascenseur sur le quai 2; installer un ascenseur dans le bâtiment voyageurs et prolonger le souterrain jusqu’à l’entrée de ce futur ascenseur. Afin d’impacter au minimum les circulations ferroviaires, les travaux (réalisés que par une dizaine d’ouvriers) seront majoritairement réalisés de nuit, de 22 heures à 6 heures, du lundi au vendredi.