Les radars privés embarqués vont faire un malheur

Depuis le passage aux 80 km/h, le nombre de flashs pour excès de vitesse s'est envolé. La mesure entre dans les mœurs, mais les radars embarqués font un malheur. Visite d'une voiture banalisée, qui sera d'ici fin 2020 exploitée par une société privée, comme ses deux sœurs jurassiennes.

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Petite mais redoutable : cette 208 ne vous laissera pas indifférent !

La Peugeot 208 doté d’un radar embarqué fonctionne un peu comme une “arme fatale”. Bien difficile en effet de la repérer dans le trafic, comme ses deux petites sœurs (une 508 et un utilitaire Berlingo basé sur Dole).
La voiture banalisée dissimule le radar dans sa plaque d’immatriculation, un flash dans sa calandre et un appareil photo sur le tableau de bord. Un petit bijou de technologie (à plus de 50.000 €), qui sort plusieurs fois par semaine explique la Gendarmerie du Jura.
De quoi engranger à chaque fois quelques dizaines d’excès de vitesse, dans les deux sens de circulation, sachant que dans un “train de voitures” roulant en excès de vitesse, tous les véhicules seront flashés (et pas seulement la “locomotive”, comme cela pouvait être le cas avec les jumelles).

Un « flash » invisible pour l’œil humain

Cette efficacité redoutable se déploie aussi bien de nuit que de jour, grâce à un « flash » invisible pour l’œil humain.
Basée au peloton motorisé de Courlaoux, cette discrète 208 tourne aussi bien sur route que sur autoroute, sur un périmètre couvrant les bassins de vie de Lons, Orgelet, Saint-Amour, etc… Comme ses homologues, ces radars nécessitent une marge d’erreur de 10%, calculée sur le tronçon concerné (50, 70, 80, 110, 130 km/h). L’opérateur se charge de définir la vitesse manuellement mais une expérience d’automatisation est en cours au plan national.

Les trois voitures radars du Jura confiées au privé

Selon le site www.radars-auto.com, la loi de finances 2020 intègre bien l’ « externalisation » des trois voitures radars banalisées du Jura. Derrière ce terme pudique se cache une réalité qui risque de faire mal : l’exploitation des voitures radars par une société privée qui les fera sortir beaucoup plus qu’auparavant…
D’après ce site internet, l’externalisation de la conduite des voitures radars a débuté en Normandie en 2018, avec un objectif de 6 à 8 heures par jour, 7 jours sur 7, de jour comme de nuit. Le ministre de l’intérieur, qui communique très peu sur le sujet, a néanmoins répondu (J.O. du  Sénat du 06/06/2019) à la question écrite d’un sénateur :
« Les voitures radars à conduite externalisée, qui ne représentent que 6,36 % du parc total des voitures radars, réalisent 37,89 % des heures de contrôle réalisées sur le territoire national en avril 2019 ».
Cette mise en service est prévue dans le Jura « fin 2020 » tout comme dans les régions Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Hauts-de-France et Nouvelle Aquitaine.
Autant dire que la peur du « gendarme » sera omniprésente…

Le vrai-faux retour à 90 km/h…

Annoncé comme un amendement à la décision d’instauration du 80 km/h, la loi mobilité -promulguée le jeudi 26 décembre- et ses décrets d’application ont défini les contours d’un retour à 90 km/h : le tronçon concerné doit faire au moins 10 kilomètres, sans certains types d’intersection, sans arrêt de transports en commun, et avec interdiction de dépasser entre autres.
Des facteurs limitants qui ipso facto réduiront largement le champ des possibles. D’autant plus que “les routes nationales restent à la main du Premier ministre” souligne Clément
Pernot, président du conseil départemental du Jura.
Ce dernier confirme cependant sa volonté de revenir aux 90 km/h sur des autres routes départementales, par exemple sur le tronçon Champagnole-Lons (avec un potentiel de 400 kilomètres dans le Jura).
“Nos services ont étudié ces hypothèses” et celles-ci seront soumises à un comité départemental de sécurité routière explique-t-il, comité qui rendra un avis consultatif.
Le retour général à 90 n’est donc pas encore pour demain, à moins que le test initié en juillet 2018 durant deux ans sur toute la France, se montre peu concluant.
A suivre…