Faut-il des bus gratuits dans l’agglo lédonienne ?

Certains estiment que la « taxe transport » perçue par Ecla le permettrait peut-être, mais pour d’autres il s’agit d’une « fausse-bonne » idée. Explications.

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Monter dans le bus sans ticket ou abonnement ? Peu réaliste juge Ecla...

« Les bus gratuits de Dunkerque confirment leur succès (+125% de fréquentation tous les week-ends) après une bonne année de fonctionnement. Nous à Ecla, on a eu la taxe transport, mais rien d’autre » : la taxe versée à l’agglo lédonienne par certaines entreprises fait grincer des dents ce gros contributeur qui a souhaité rester anonyme. En cause selon lui, des bus inutiles pour ses salariés, puisque les lignes ou les horaires ne correspondent pas aux besoins les plus courants, et une taxe transport élevée (1,8% de la masse salariale). Aline Billotte, vice-présidente d’Ecla en charge des mobilités s’inscrit en faux sur le dernier point : « La taxe prélevée par Ecla est limitée à 0,35%…alors qu’elle est de 1,55% à Dunkerque. Pour des villes de taille équivalente comme Vesoul (0,60%), la taxe est doublée par rapport à Ecla ». Par ailleurs, selon elle la gratuité des transports constitue par essence une fausse-bonne idée. Certes, 29 collectivités locales la testent en France (par exemple à Chateauroux, Aubagne, Compiègne, etc.), mais la situation ne peut être comparée avec celle de l’agglo lédonienne. Premier point : « Il y a un nombre phénoménal de places de parking à Lons, se garer reste relativement facile ». Ce qui n’encourage pas à recourir aux bus…

Le ticket de bus couvre seulement 17% des frais

Deuxième point : « Notre clientèle repose sur un public captif, n’ayant pas ou plus les moyens de conduire ». Par exemple des personnes âgées, ou handicapées, des jeunes n’ayant pas le permis, des personnes ne pouvant entretenir financièrement un véhicule, etc. Aline Billotte doute donc fort qu’une gratuité totale puisse changer la donne et des habitudes bien ancrées. « Nous avons fait une enquête auprès des usagers : leurs demandes prioritaires concernent l’extension de l’amplitude horaire, avec davantage de bus en soirée ou le week-end pas exemple ». La gratuité ne constitue selon Aline Billotte qu’une demande secondaire, et elle rappelle également que « l’usager ne supporte que 17% du coût réel du service » via son ticket de bus ou son abonnement. Sans une aide massive des collectivités, le service n’existerait donc tout simplement pas… Enfin, sur un budget estimé à environ 1 million €  pour l’année 2019, Ecla investit selon Aline Billotte plus de 200.000 € dans la création de voies vertes ou de pistes cyclables (rue de Vallière à Montmorot, Courlans-Chilly le Vignoble, etc.). Des vélos, oui, des bus gratuits non : Aline Billotte (qui passera le relais en mars 2020 à de nouveaux élus) assume, ajoutant au final que du côté des autres élus, la philosophie générale serait de considérer que « tout service mérite une contrepartie financière ».