Errements et égarements de la convention fourrière

La convention fourrière et l'astreinte qui en découle ne fonctionnent pas toujours convenablement. Trop nombreux sont encore les chiens errants semant la zizanie au centre-ville de Dole, sans personne pour y remédier. Une faille dans ce service public, qui pourtant coûte un euro par an à chaque habitant de la ville, et génère donc une manne financière de près de 25 000 euros... qui devrait théoriquement permettre que la prise en charge des animaux errants s'opère avec une efficience permanente et irréprochable. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, loin s'en faut... Récit d'un périple essoufflant.

0
300
En fin de semaine dernière rue Mont-Roland, la plupart des gens passaient à côté d'un Basset Hound qui semblait chercher son chemin, sans même le regarder.

 

C’était un matin ordinaire vers 11 heures, en fin de semaine dernière rue Mont-Roland, la plupart des gens passaient à côté d’un Basset Hound sans collier, qui semblait chercher son chemin, sans même le regarder. Tout cela n’était donc qu’effectivement bien ordinaire…
Heureusement, l’indifférence et l’égoïsme n’ont encore pas rongé tous les esprits. Il reste quelques âmes charitables, plus émues ou peut-être plus sensibles, plus empathiques que d’autres à la souffrance (même animale), pour daigner accorder quelques dizaines de minutes de leur existence à tenter de faire le bien autour d’eux, sinon de peut-être contribuer à changer les choses dans le bon sens.
Seul problème, sans laisse, il est difficile de retenir un chien plusieurs dizaines de minutes en pleine ville, sans aucune aide extérieure.
Une étrange ballade commençait…

Un service public regrettablement défaillant

Le standard téléphonique de la SPA étant fermé au public le matin, première réflexe : le 17. La Police Nationale nous informe alors qu’il n’est pas prévu qu’elle prenne en charge les animaux errants et qu’il faut se tourner vers la SPA. Mais en lui rétorquant que la SPA n’assure que ses permanences téléphoniques l’après-midi et qu’il existe une convention fourrière pour la ville de Dole (supposée fonctionner 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24), la policière rétorque alors sèchement qu’elle “ne peut rien faire” !
Drôle de considération du service public, alors que l’animal errant est en train de se diriger vers le centre-ville via la rue du Collège de l’Arc, la place de la Sous-préfecture, et débouche rue de Besançon, puis place du 8 mai…
Nous nous tournons alors vers la Police Municipale plus compréhensive (plus habituée ?) à ce genre de situation, qui nous dit “faire appel à l’astreinte de la SPA, mais sans garantie de résultat immédiat”.

“On attend parfois 2 ,3, voire 4 à 5 heures avant que l’astreinte ne puisse intervenir”

“Ce n’est pas la première fois que cela arrive, et que ce dysfonctionnement est signalé. C’est pourquoi nous avons aménagé un chenil au Centre Technique Municipal. Nous disposons d’un paquet de 20 kilos de croquettes et d’eau fraîche. Cela nous évite de recueillir le chien dans nos bureaux, comme cela s’est déjà produit” confie, à postériori, David Kleisler, directeur de la police municipale doloise. Lequel détaille par ailleurs :
“On attend parfois 2 ,3, voire 4 à 5 heures avant que l’astreinte ne puisse intervenir. Surtout durant l’été où les abandons sont plus fréquents et le personnel plus restreint, souvent occupé sur d’autres interventions à plusieurs dizaines de kilomètres… ”
Et de conclure en précisant :
“La plupart du temps, tout rentre dans l’ordre en quelques heures, mais parfois nous nous trouvons en face d’un chien méchant et agressif. Nous nous sommes donc équipés d’un lasso et de protections anti-morsure, pour les cas les plus compliqués à gérer, comme la capture de chiens de première et deuxième catégorie (Rottweiler, American Staffordshire, etc…)”.

1 euro par habitants, soit près de 25 000 euros par an…

La convention fourrière coûte pourtant un euro par an et par habitant, ce qui représente une manne financière d’environ 25 000 euros à l’échelle de la seule ville de Dole (d’autres communes voisines comme Chaussin y contribuent par ailleurs).
Alors où passe cet argent ? A quoi sert-il ? Comment est-il utilisé ? Et surtout comment se fait-il que le service public ne fonctionne pas alors qu’il est financé par le contribuable ?
Visiblement très embarrassé, le service communication de la ville de Dole n’a pas été en mesure de nous répondre précisément et concrètement sur ce point…
Toujours est-il que notre ami à quatre pattes ne semble pas s’embarrasser de ces questions et poursuit son périple dans le centre-ville, s’approchant cette fois-ci des terrasses de café et des autres chiens. Difficile, sans collier et sans laisse, d’éviter les bagarres et les rapprochements houleux entre mâles dominants, ou passants grincheux…
Heureusement, à l’issue de la descente de la Grande Rue, nous trouvons notre salut au bar Le Dolois, où un client attablé en terrasse nous aide à isoler l’animal. Tandis que Jérôme, le patron de l’établissement, nous prête une rallonge électrique en guise de laisse.
Merci !

 

Une fin heureuse ?

Encore un quart d’heure d’attente, quelques coups de fils, et finalement la fourrière de la SPA arrive vers midi.
Le basset sera pris en charge par une animalière souriante et bienveillante.
“Oh mais je le connais celui-ci ! Je sais à qui il appartient. Son propriétaire semble dépassé… Il m’a avoué vouloir l’abandonner… ” concède-t-elle, résignée et fataliste.

En définitive, l’animal sera “mis en sécurité” (mais enfermé) au refuge de Biarne, victime de la négligence de son propriétaire…
A moins d’être peut-être prochainement adopté dans une nouvelle famille d’accueil qui saurait mieux s’en occuper ?
Espérons que cette histoire anecdotique, révélatrice d’une cruelle carence administrative, permette aux différents protagonistes concernés de se poser les bonnes questions, et d’accomplir désormais leur tâche en remplissant leur rôle et en assumant leurs responsabilités, comme il se doit…

Malgré nos multiples sollicitations, la SPA de Dole et sa région n’a pas été en mesure de nous apporter plus de précisions sur le fonctionnement interne de son astreinte quant à l’application de cette convention.

L’animal sera mis en sécurité (mais enfermé) au refuge de Biarne, victime de la négligence de son propriétaire…