L’invité de la semaine : Pascal Moulin

L'entraîneur de Jura Sud Foot, porte-drapeau du football jurassien et actuellement en tête du groupe A de National 2, livre ses objectifs, ses attentes et ses recettes, pour la seconde partie de championnat.

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Pascal Moulin, comment analysez-vous ce récent titre honorifique de Champion d’Automne pour le 64ème club de foot de France ?
C’est historique pour le club d’être dans les premiers à la trêve, sans avoir de match en retard. Certes le parcours de Jura Sud dans cette première partie de saison peut paraître inattendu pour beaucoup. Mais moi en tant que technicien, ce que je vois en termes d’amalgame, de cohésion, la qualité du groupe et cette envie de bien faire, ne m’étonne pas. Si l’on veut faire la bascule sur la seconde partie de saison, c’est aussi cela qui doit nous permettre de réussir. Mais restons calmes, nous ne sommes que champion d’automne, et je préfére être plutôt champion de printemps, à la fin…

Le choix de joueurs expérimentés, à côté de plus jeunes vous semble-t-il payant ?
Oui évidemment, mais le problème est de bien savoir qui l’on prend. Ces garçons-là ont un passé, et ils ont surtout gardé un enthousiasme de 20 ans. Leur dynamisme, leur envie de bien faire et leur expérience s’exercent tout au long de la semaine et pas seulement le week-end. Cela se répand sur les jeunes, et apporte une plus-value au groupe en général, en montrant l’exemple tous les jours…
De plus ce sont des garçons que je suivais depuis longtemps et avec lesquels j’entretenais des relations, comme Grégory Thil et Aurélien Faivre. Pour Alexi Peuget, je l’ai connu comme jeune du cru, car c’est ma septième année au club. A l’intersaison, je savais bien quels joueurs j’allais perdre. J’avais fait aussi une analyse des gens vers lesquels je devais me tourner en termes d’âge, de vécu, et de profils recherchés pour les associer avec les autres. Je savais qui je voulais, comme le jeune Jérémy Farhasmane.
Définir les postes à pourvoir, bien cerner les profils ce n’est pas trop dur, après il faut les faire venir sur le plan financier. C’est souvent juste une question de réseaux, de connaissances, et de travail d’entraineur, en résumé c’est aussi mon boulot…

Quels sont en fait les objectifs pour cette fin de saison?
Si on fait 4 ou 5, ce sera une saison correcte, 2 ou 3 ce sera une bonne saison et si on fait plus, ce sera une saison exceptionnelle… Mais il faut rester les pieds sur terre et cohérent. A la trêve nous avions fait 15 matchs et 15 à venir.  Nous allons être attendus partout. Nous n’avons pas de statut à défendre, mais il faut voir plus loin. Il faudrait avoir plusieurs bonnes longueurs d’avance sur nos poursuivants rapidement et ne pas être à la merci d’une quelconque épée de Damoclès. Donc gagnons les matchs. La dynamique s’est interrompue à la trêve, on doit la retrouver rapidement, c’est mon travail et celui du Staff.

Avez-vous établi un plan particulier pour y parvenir ?
Tous les matchs sont importants. On va les prendre les uns après les autres.
J’avais donné un plan d’entrainement à chaque joueur pour passer Noël. Je constate qu’ aucun joueur n’a pris du gras pendant cette période…
Autre remarque : d’habitude pour les équipes qui sont en haut de tableaux à la trêve, il y a parfois des sollicitations de joueurs, pour essayer de nous déstabiliser un peu. Et bien cette année, rien de tout cela, pas plus que de demande de coup de pouce salarial. C’est un indice, sur la motivation du groupe et l’état d’esprit…
Mais comme toujours, c’est le terrain qui dictera sa vérité…

 Propos recueillis par Guy Monneret